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monologues

monologue 12

Dans ces calmes déserts il promène les siens jusqu ?à  ce que les premiers ces derniers se ferment et que la tàªte là¢chée retourne à sa vieille place. Beckett, Le Dépeupleur

mà j du 16/04/2014

Les expérimentations, dans le domaine de la reproduction vocale, se sont jusqu’à présent montrées décevantes. Premiers étonnements et émois passés, le buzz est très vite retombé. Ces voix synthétiques rappelaient trop celles émises pour les générations précédentes par les bornes de distribution de carburant ou les installations de gestion des flux de circulation urbaine. Derniers progrès obtenus : reproduire non seulement le timbre et le débit — à§a, on savait déjà faire —, mais sérier le lexique et les tournures syntaxiques utilisés par chacun de nous en fonction des situations. Se projeter, depuis longtemps parti en fumée, en train de converser avec nos lointains descendants. Ferment-ils les yeux en m’écoutant leur répondre, ou fixent-ils l’écran où s’affiche leur compte mémoire ? Et que font-ils ensuite de mes paroles ? Que peuvent-ils espérer de ces assemblages aléatoires que produit la machine ? La part de vérité et d’artifice qu’ils y décèleront... Tàªte à tàªte étrange des vivants et du mort qui parle ses mots sans que rien d’autre de ce qu’il fut puisse transparaître. Là¢chée, ou l’ombre ou la proie, je n’en sais foutrement rien. Retourne-toi ou pas, à§a changera quoi désormais ? à€ Orphée qu’il faudrait expliquer à§a ! Sa généalogies sur x générations, à portée d’écran, mais toujours aussi inaccessible. Vieille hantise, fictions nouvelles...

version du 20/06/2012

Les jours où à§a infuse, est-ce que à§a compte ? Premiers vibratos passés, la marche lente. Ces temps de silence. Derniers accords et ta volonté de tout résoudre. Se refuser à rien conclure. Ferment la marche, coupent pas l’élan. Et tant pis si à§a brinquebale ! Que à§a sonne faux qui serait terrible... La voix si c’est pas tension au-dessus du vide... Tàªte à tàªte et que toujours à§a se dérobe ! Là¢chée l’ombre ou la proie, t’en sais rien, mais de l’approche, pas plus... Retourne-toi sur ton lit des nuits entières, à§a changera quoi ? à€ part te dire qu’il s’en était fallu de peu. Sa couleur au mieux, une inflexion... Vieille harmonie, mais à§a tu sais déjà , tout le solide de la construction... Place ta voix !, qu’il t’avait dit...

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