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monologues

monologue 1

classe moyenne

Dans ces calmes déserts il promène les siens jusqu ?à ce que les premiers ces derniers se ferment et que la tàªte là¢chée retourne à sa vieille place. Beckett, Le Dépeupleur

mà j novembre 2013

Dans ces cas-là , le mieux c’était de passer sans rien dire, passer sans voir — du moins faire comme si. Ces mots que tu entendais les laisser s’évanouir : comme de la flotte dans du sable — c’était à§a l’image qui te revenait chaque fois — et nécessité d’expirer lent, au plus profond — ces gouttes qui s’enfoncent et bientà´t rien, pas màªme ce plus foncé en surface. Calmes tes bras, tes mains, ton pas — il aurait fallu les épaules : que surtout rien n’y paraisse. Déserts alors qu’on traverse, l ?œil tout au loin, l’impassibilité qu’on désire. Il le faut. Promène-toi si tu veux, mais à condition de toujours contrà´ler ton regard... Les consignes, tu les connais — depuis tout gosse on te les martèle, pas pour rien quand màªme ! Siens, penses-tu, les faire siens les mots d’en haut. Jusqu’à y croire... Ce à quoi tu crois mis en veilleuse... Que tu tu le veuilles ou pas, à§a change quoi puisqu’aucune alternative ? Les nouveaux arrivants, passe encore. Premiers symptà´mes de leur difficulté à s’intégrer. Ces concepts-là , il faut quand màªme un peu de temps avant de les assimiler complètement — et enfin parvenir à les mettre en pratique, devenus réflexes... Derniers soubresauts — de quoi ? — d’humanité — appelons à§a comme à§a — derniers soubresauts d’humanité : ils se disent qu’ils peuvent pas laisser faire. Se font souvent piéger à cause de à§a, les nouveaux. Ferment pas les écoutilles. Et hop ! les voilà , inconscients du danger, qui répondent, ou qui s’arràªtent — on dit màªme que pour certains il a suffi qu’ils croisent le regard. Que à§a soit naturel, je dis pas, mais il faut apprendre à se contrà´ler, que diable ! La sagesse, à§a n’a rien de compliqué : passer comme si de rien et point barre ! Tàªte baissée, màªme à§a c’est hors de question : à cause de la peur qu’ils pourraient lire sur ta nuque. Là¢chée sur toi, leur meute, tu peux faire quoi ? Retourne sur tes pas si à§a te chante, rien qu’une fois, fais demi tour et va les trouver un peu pour voir... à€ quoi tu te raccrocheras quand tu seras seul en face d’eux ? Sa vie, on a quoi d’autre ? Vieille chanson qu’on t’avait apprise, aussi vieille et impitoyable que le monde... Place !..., ce furent les derniers mots que tu perà§us, crachés par le mégaphone d’une de ces limousines aux vitres fumées et, paraît-il, totalement insonorisées : ainsi personne à l’intérieur n’était incommodé, ni par les cris du chauffeur, ni par la répétition du son mat des chairs qui heurtaient la carrosserie.

première version (janvier 2012) :

Dans ces cas-là le mieux c’était de passer sans rien dire, passer sans voir — du moins faire comme si. Ces160 mots que tu entendais les laisser s’évanouir, comme de la flotte dans du sable, c’était à§a l’image qui te revenait chaque fois, expirer lent au plus profond, ces gouttes qui s’enfoncent et bientà´t rien, pas màªme ce plus foncé en surface. Calmes, tes bras, tes mains, ton pas, il aurait fallu les épaules, que surtout rien n’y paraisse. Déserts alors qu’on traverse, l ?œil tout au loin, semblant d’impassible au dehors. Il le faut. Promène ton regard sur eux et tu verras... Les ennuis, c’est qui cherche trouve — depuis tout gosse on te le martèle, pas pour rien quand màªme ! Siens, dis-tu, les approcher et tant bien que mal, avec patience, peu à peu les faire siens. Jusqu’à quand te répéter qu’inutile ? Ce genre de délire, c’est bon pour ceux qui viennent de débarquer, mais toi... Que tu oses encore dire des trucs pareils ! Les nouveaux arrivants, passe encore. Premiers à s’y cogner, on peut comprendre. Ces choses-là si tu sais pas, qu’on t’a rien dit... Derniers soubresauts, de quoi, d’humanité, appelons à§a comme à§a, derniers soubresauts d’humanité tu te dis que tu peux pas laisser faire. Se font souvent piéger à cause de à§a les nouveaux. Ferment pas les écoutilles. Et hop ! les voilà qui s’arràªtent ou màªme pas, juste qui croisent un regard. Que à§a soit naturel, je dis pas, mais faut pas t’entends, faut pas ! La sagesse, et encore quand je dis la sagesse, seulement la seule chose à faire de passer comme si de rien et point barre ! Tàªte baissée màªme il faut pas, à cause de la peur qu’ils pourraient lire sur ta nuque. Là¢chée sur toi la meute tu peux faire quoi ? Retourne sur tes pas une fois, retourne les trouver un peu pour voir... à€ quoi tu te raccrocheras quand seul et eux en face ? Sa vie on a quoi d’autre, hein, tu peux me dire ? Vieille chanson tu me diras, vieille comme le monde et qu’avec des raisonnements pareils... Place !...

Voir en ligne : au commencement la tàªte là¢chée

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