// Archives

fictions

Cette catégorie contient 50 billets

heureusement, dans la vie, la vraie comme ils disent, il y a toujours quelqu’un pour t’empàªcher de faire des histoires, qui t’impose le silence, te l’intime

76

Je me souviens de mes jambes qui pendaient à l’arrière de la deux-chevaux du grand-oncle. L’après-midi, au retour, dans la GS de mes parents, de la sueur qui coulait à l’arrière des genoux. Je ne portais ni short ni bermuda : j’étais en culotte courte. Màªme les mots se soumettent au temps. Nous étions partis tà´t pour profiter de la fraîcheur du matin. J’avais dix (...) (Lire la suite…)

accident

Sans doute un pneu qui avait éclaté. La bagnole était partie en sucette sans prévenir. Il se souvenait d’avoir heurté le rail central de sécurité. Une chance qu’il ait fini sa course sur la bande d’arràªt d’urgence. à€ contresens mais pas sur la chaussée. Et coup de bol qu’il n’y ait eu personne au moment où c’est arrivé. Pas pour rien qu’on l’appelait l’autoroute du (...) (Lire la suite…)

vers le fantastique | proposition 8, par le trou de la serrure

François Bon a proposé un atelier d’été, vers le fantastique. Proposition 8, par le trou de la serrure, en un seul paragraphe formant bloc. 15. Le cuir des rênes entre mes doigts – soleil haut – sa main entoure mes poignets d’enfant maigre. Pour la dernière charretée. L’odeur du foin. Et le mystère de comment ça tient derrière, cette masse qui ne demande qu’à (...) (Lire la suite…)

des hommes en noir

Compter les hommes en noir. Parce que l’impression que plus nombreux. Ou est-ce d’avoir si longtemps été éloigné de la ville ? Leur présence autour de la gare et dans le centre. Marchant en groupe ou seul. Avec ou sans valise. Rare qu’ils n’aient pas au moins un sac en bandoulière. Leur pas pressé. Ou réunis au bas d’un immeuble, le temps d’un café, d’une (...) (Lire la suite…)

un glissement

J՚aurais du mal à dater. à‡a s՚est fait progressivement. Sans que je m՚en rende compte, ce serait exagérer. Sans que je réagisse conviendrait mieux. Un glissement. Je n՚ai màªme pas cherché à donner des justifications. Personne m՚a fait de remarques, de toute faà§on. J՚ai pas eu à me défendre. Personne pour me demander pourquoi. Pourtant à§a se voyait grave. Je me (...) (Lire la suite…)

prémices d’une guerre

après avoir débuté la lecture de l’anthologie d’Antoine Compagnon sur les écrivains et la guerre de 14 prémices d’une guerre #1 prémices d’une guerre #2 13/10/14 (matin) [#un_ancre -]les distributeurs de billets étaient vides, les réseaux téléphoniques saturés, certains titres de presse avaient comparé la situation à celle d’une nuit de la Saint-Sylvestre, certains en (...) (Lire la suite…)

sosies

à‡a avait commencé comme une plaisanterie. Le gars faisait le tour des salons du livre, son Pléiade sous le bras. Le dos voà »té comme le Destouches des dernières années, et màªme empilement de gilets rapiécés. Il allait de stand en stand, apostrophait les exposants. D’indéniables talents de comédien. Gesticulation du bras, effet de mèche, tout y était. Jusqu’au (...) (Lire la suite…)

sur la place de Marennes | pistes #3

Elle lisait les faits divers dans le journal Sud Ouest. C’était rare qu’on en parle à la télé ou à la radio de ce qui se passait ici. De là à croire qu’il ne s’y passait rien. La vie allait, comme ailleurs. Elle avait l’habitude de croire que la vie allait moins vite dans cette partie du pays qu’elle habitait. Ici on vivait en retrait, à l’écart. Un ostréiculteur (...) (Lire la suite…)

sur la place de Marennes | pistes #2

La ville était un roman. Mais elle ne l’avait pas lu. Elle en connaissait des extraits, comme la présence de l’océan à une vingtaine de kilomètres, les guerres de religion et les deux marais à proximité, la fàªte foraine en septembre et l’usine de moteurs, la radio locale Hélène FM — mais sans avoir jamais lu Ronsard, parce qu’elle s’était arràªtée après la (...) (Lire la suite…)

sur la place de Marennes | pistes #1

Reconstituer l’itinéraire de cette femme croisée l’été dernier sur la place de Marennes, et de là peut-àªtre faire émerger une fiction possible. Si on prend en compte son air perdu de qui ne sort que rarement de chez elle, se trouve perdue dans l’espace public, et le fait, d’une part, qu’elle trimbalait avec elle un sac plastique d’un magasin de Niort, d’autre part, (...) (Lire la suite…)