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fictions

vers le fantastique | proposition 8, par le trou de la serrure

François Bon a proposé un atelier d’été, vers le fantastique. Proposition 8, par le trou de la serrure, en un seul paragraphe formant bloc.


15. Le cuir des rênes entre mes doigts – soleil haut – sa main entoure mes poignets d’enfant maigre. Pour la dernière charretée. L’odeur du foin. Et le mystère de comment ça tient derrière, cette masse qui ne demande qu’à s’envoler. 28. La porte est entrouverte – on entend un transistor à l’intérieur, une chanson de Claude François. Personne ici ne saurait situer Alexandrie. 4. Le chien tire sur sa chaîne, se dresse sur ses pattes arrières. Il n’est pas méchant. Attaché mais pas méchant. C’est pour pas qu’il se sauve. La main dans le dos qui me pousse. Je pars un peu plus loin en pleurant. La deux chevaux dans un coin de la cour vide. 16. Le pré n’est pas loin. Il porte un nom qui se dérobe au souvenir. Cette impression dans les rêves que tout alors pourrait s’éclairer. Quand tu lis aussi. Ou dans ta vie. Que revienne un nom et tout s’éclaire. 75. Rai de lumière qui passe par la jointure des volets fermés. Il fait sombre dans la grande pièce. L’odeur de sueur des corps adultes. Se passer un coup d’eau à cause de la poussière. C’est plein de poussière le foin. Les bêtes pourtant en mangent. 48. Grognements derrière un muret. Mon père me prend sous les aisselles, me soulève que je vois le goret. Dernière bête qui reste avec les poules et les lapins. Un camion est déjà venu chercher vaches et génisses. Pour le marché du lundi. 82. Gros plant qui coule dans les verres. Jus de pomme. Tout a une fin. C’est toujours plus vite venu qu’on croit. Verres Duralex qui s’entrechoquent. 18. Ombre du chemin creux. Presque fraîcheur. Grand soleil du pré. 50. Personne pour reprendre la jument. Que veux-tu c’est comme ça. 80. C’est comme un humain une bête. Celui qui sait s’y prendre... Encore faut-y savoir !

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