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monologues

monologue 2

si nombreux les Invisibles

Dans ces calmes déserts il promène les siens jusqu ?à ce que les premiers ces derniers se ferment et que la tàªte là¢chée retourne à sa vieille place. Beckett, Le Dépeupleur

mise à jour du 26 novembre 2013

Ces visages — chaque fois toi, debout, qui marches, contre-plongée qui dérange. Calmes ? non — cette tension encore, les premiers temps, et plus tard cette forme d ?abandon jusqu ?au dedans des chairs. Déserts qu ?ils ont cru pouvoir traverser — qu’ils ont fait leurs. Il suffirait donc d ?une image, pirouette esthétique et ainsi apaiser ta conscience ? Promène-toi plutà´t dans la ville, arpente, va fureter aux encoignures de béton nu : si nombreux les Invisibles — et qui te dit qu’un jour tu ne seras pas des leurs ?... Les heures qu ?ils passent assis par terre — imaginer comment puisque jamais tu n’oseras maquiller ta carte Vita-Crédit — on trouve pourtant des logiciels pirates sur le web, des collègues t’en ont parlé —, mais jamais tu n’oseras, carte reformatée, la glisser dans un de ces distributeurs qu’on a installés pour eux au coin des rues, dosage des cachets régulé pour chacun — magie de la carte à puce ! Siens : ces débris rassemblés, objets d ?avant et quoi glané, mais plus personne — seul. Jusqu ?à quand ainsi — mais est-ce que à§a compte encore ? Ce que à§a devient alors le temps ! Que l’alternance broyée du jour et de la nuit — mais c ?est quoi les ràªves alors ? Les images qu ?on porte, celles qu ?on repousse ? Premiers matins où rassembler ses affaires, les emporter avec soi — ou ce duvet qu ?on ne roule plus, qu’on laisse dans un coin jusqu ?au soir. Ces vies qu ?on s ?invente le temps des cachetons — reste quoi alors des visages qu ?on a laissés ? Derniers temps, ce qu ?on en garde en mémoire — et si c ?était cette porte qu ?il a fallu franchir — si chaque fois c ?était elle qu ?on retrouvait, identique — et sentiment de l ?innommable qui vous pousse ? Se dire quoi dans les tremblements du matin ? Ferment quoi de la langue toutes ces heures de silence ? Et quand les yeux d ?un gosse... Que leur père, leur mère, les entraînant de main ferme. La silhouette du gosse, aperà§ue de trois quart. Tàªte retournée, ces yeux qui insistent — cherchent quoi ? Là¢chée toute retenue. Retourne-toi ! à€ quel moment on devient Invisible — et que plus màªme les mà´mes pour vous regarder ? Sa voix, ne plus la reconnaître — tout ce qu ?elle charrie de trop loin et que à§a fait peur. Vieille folle qui hurlait agrippée à son chariot de supermarché — tu ne la croises plus dans le parking — trop dérangée pour encore se rendre aux distributeurs. Place nette qu’on fait chaque début de mois avant la Grande Parade Urbaine — envoyés où ?

version initiale, 9 janvier 2012

Ces visages — contre-plongée toujours. Calmes non — cette tension encore, les premiers temps, et plus tard cette forme d’abandon jusqu’au dedans des chairs. Déserts qu’ils traversent ! Il suffirait donc d’une image ? Promène-toi plutà´t dans la ville, arpente, marche le temps qu’il faudra, furète aux encoignures de béton nu... Les heures qu’ils y passent — imaginer quoi ? Siens ces débris rassemblés, objets d’avant et quoi glané. Jusqu’à quand ? Ce que à§a peut faire ! Que le jour et puis la nuit — c’est quoi les ràªves alors ? Les images qu’on porte, celles qu’on repousse ? Premiers matins où rassembler ses affaires, les emporter les savoir là — ce duvet qu’on ne roule pas encore, le laisser dans un coin jusqu’au soir. Ces vies qu’on s’invente le temps des bières — reste quoi des visages qu’on a laissés ? Derniers temps, ce qu’on en garde en mémoire — et si c’était cette porte qu’il a fallu franchir — si chaque fois c’était elle qu’on retrouvait, identique — et sentiment de l’innommable qui vous pousse ? Se dire quoi dans les tremblements du matin ? Ferment quoi de la langue toutes ces heures de silence ? Et quand les yeux d’un gosse... Que leur père, leur mère, les entraîne de main ferme. La silhouette de trois quart. Tàªte retournée ces yeux qui insistent — cherchent quoi ? Là¢chée toute retenue. « Retourne-toi ! » à€ quel moment devenir invisible — et que plus màªme les mà´mes ? Sa voix ne plus la reconnaître — tout ce qu’elle charrie de trop loin et que à§a fait peur. Vieille folle qui hurlait agrippée à son chariot de supermarché — tu ne la croises plus dans le parking — incapable de dire depuis quand. Place nette chaque été pour les touristes — envoyés où ?

Voir en ligne : monologue 1

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