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entre deux | premier jet

n’ont pas touché au puits

n ?ont pas touché au puits... on faisait comment pour combler ?... resurgirait ailleurs la flotte... pà¢tures humides partout autour... emporterait tout peut-àªtre... faà§on maison Usher... pas plus mal en un sens... que tout balayé... et qu ?on n ?en parle plus... plus une trace... suffisaient les quelques photos conservées par tes frères... pas eu le courage de faire le tri quand vider la maison... deux boîtes en carton... chacun une et qu ?on verrait plus tard... ne pas t ?encombrer... et puis à qui les montrer ces photos ?... tu les avais décrites à Karine... toi en tricycle sur la piste de la station... général vainqueur sur un tas de vieux pneus... dans les bras de ton père, caressant le front d ?une vache dans le pré d ?à cà´té... en aube de communiant devant les camélias... vous aviez ri... ne te paraissaient plus si terribles les fantà´mes... pas trouvé mieux pour dire... te semblaient s ?éloigner, presque indifférents... mais pas plus alors qu ?aujourd ?hui la force de les approcher... remonter... aller boire un café... bout de pain te caler le bide... espérais quoi en t ?arràªtant ?... non, jamais été simple de revenir ici... remonter dans ta voiture... centre-ville... remonter l ?avenue du Maréchal Leclerc... passer en étranger... sans rien qui remue de douloureux... rien d ?hostile... passer sans que rien des attaches... and I ride and I ride and I ride... y passer apaisé... the passenger... lieu qui s ?offrirait comme le reste du monde... s ?offrirait sans avoir prise... and everything was made for you and me... chanter... maintenir ton attention... nuque raide... all of it was made for you and me... te redresses sur ton siège... he sees the bright and hollow sky... progressivement ta voix s ?assure... toujours aimé chanter au volant... toi seul et ta voix... n ?àªtre plus que souffle... he sees the stars are out tonight... impression fugace de te retrouver... tes peurs que tu apaises... bribes de paroles revenues en mémoire... les répètes sans dépasser le refrain... singing la la la la la la la la la... passager... spectateur... paysage qui défile derrière les vitres du train... chaque escapade à Paris... zone commerciale de la N20... le parking du Carrefour... voitures en ligne... panneaux publicitaires... enfilade de magasins... chacun sa couleur de tà´le... poste électrique... tout acier et cà¢bles... la ligne abandonnée de l ?aérotrain... dessus les graffitis anti IVG... puis plus rien que le gris nu du béton... champs de Beauce jusqu ?à l ?horizon... seule la coulée de la N20... et rien pour te retenir le regard... ou démarrer la machine aux souvenirs... rien de toi dans les silos à grains... rien de toi dans les tas blanc sale de betteraves... rien de toi dans les cheminées de la sucrerie... rien de toi à à‰tampes... arriver là ne signifiait rien d ?autre que la moitié du trajet parcourue... rien de toi dans ces échappées de Seine.... ni dans la banlieue brique et béton d ?avant Austerlitz... rien là qui résonne au dedans...

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