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choses qui mènent au dedans

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journée dont tu ne feras rien

se lever, et savoir que tu ne feras rien de ta journée, ou presque, en avoir l’intuition, parce que la certitude ce serait trop, trop pesant, trop vertigineux, pas sà »r que tu puisses supporter pareil horizon vide, c’est se sentir lourd, màªme dans une carcasse fràªle depuis toujours, c’est le sommeil aux épaules, pas tant la tàªte vide, mais ce qui s’y présente (...)

images qui resurgissent

images qui resurgissent, c’est parfois au détour d’une lecture, parfois au travail, en train de faire émerger le sens d’un texte, ce qui le sous-tend, le porte, avoir besoin de trouver un exemple, et c’est en soi qu’on puise, mémoire des textes ou de ses propres jours on ne sait pas toujours, c’est dans le flux de la parole, dans la présence au groupe, à (...)

constater, en rangeant mes paquets de graines

constater, en rangeant mes paquets de graines, qu’un bon nombre ont dépassé leur date de péremption, avoir du mal à les jeter, parce que le sentiment de tenir entre ses mains de la vie qui ne demande qu’à , s’en vouloir d’une réaction aussi idiote, puisque savoir depuis longtemps que les graines périmées ne poussent pas, l’avoir appris dès l’enfance, quand ces (...)

se réveiller avec le souvenir du mort qui a visité ta nuit

se réveiller avec le souvenir du mort qui a visité ta nuit, constater à cette occasion que ce n’est que dans tes rêves que tu parviens à retrouver le visage de ton père, ou dans le souvenir d’une photo que tu avais prise de lui, la seule fois où vous êtes partis ensemble en vacances — il devait avoir à peu près l’âge que tu as maintenant et souriais en prenant la (...)

emménager dans un gîte rural

emménager dans un gîte rural, avoir d’abord fait le tour des pièces avec le ou la propriétaire, en général la, avoir assuré qu’on a trouvé facilement, sans rien dire des hésitations dans les derniers kilomètres, quand sur la route étroite au milieu des champs l’impression de s’àªtre égaré, comme un début de là¢cher prise, le sentiment informulé qu’on pourrait (...)

jardin intime

remuer la terre, c’est rituel de printemps, qu’un peu de nourriture naisse de tes gestes, et qu’en retour tes gestes aussi te nourrissent, suivre le rythme de la machine, fraises d’acier qui s’enfoncent au sol, veiller à effacer les traces de tes pas — c’est comme laisser page nette — àªtre sensible à l’odeur de la terre remuée, et à la chaleur qui s’y accumulent (...)

écouter de nouveau un disque oublié

écouter de nouveau un disque oublié, retrouver le geste pour sortir le vinyle de sa pochette carton puis papier sans poser les doigts sur les sillons, retrouver parfois ces papiers kraft, indices d’un import américain dont alors on était fier, l’impression qu’on avait alors de s’approcher d’un continent qui paraissait inaccessible — on finirait par y mettre le (...)

qui sans doute encore en nous demeure

avoir en tàªte une de ces chansons aux paroles idiotes et pauvres, àªtre lassé de sa persistance, ne pas savoir quoi, de la langue ou de la mélodie, agace davantage, en vouloir à ses programmes diffusés dans les bars, maudire les fenàªtres ou vitres de portière ouvertes, blà¢mer tous ceux capables d’écrire, chanter et jouer pareille daube, mettre en place une (...)

parcourir une rue récurrente dans tes rêves

parcourir une rue récurrente dans tes rêves, à la pente raide — ta ville natale est constituée d’un plateau, puis des coteaux qui dégringolent jusqu’à la rivière qui passe au milieu