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décades

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Articles

désenfouir

Mais à quoi bon écrire si ce n’est pour désenfouir des choses, màªme une seule, irréductible à des explications de toutes sortes, psychologiques, sociologiques, une chose qui ne soit pas le résultat d’une idée préconà§ue ni d’une démonstration, mais du récit et qui puisse aider à comprendre — à supporter — ce qui arrive et qu’on fait. Annie Ernaux, Mémoire de (...)

franchir

C’était dimanche dernier. Je n’étais pas retourné sur les lieux de l’enfance depuis presque un an. L’expérience a été involontaire. Il ne s’agissait que de marcher un peu. J’ai pris derrière le supermarché, histoire d’apercevoir les prés, et parce que l’espace vide du parking est vertigineux. J’ai continué jusqu’au bowling, repère géodésique sa quille blanche sur le (...)

ont pensé en moi

Je n’ai pas de désir de découvrir des zones d’ombre de ma vie, ni de me souvenir de tout ce qui m’est arrivé, et mon passé, en soi, ne m’intéresse pas spécialement. Je me considère très peu comme un àªtre unique, au sens d’absolument singulier, mais comme une somme d’expériences, de déterminations aussi, sociales, historiques, sexuelles, de langages, et continuellement (...)

le monde autour

Je me pose la question d’à quoi ressemblait le monde quand j’y suis venu. Je me dis que connaître le point de départ de la trajectoire suivie peut aider à la comprendre. Je voudrais savoir sur quel socle j’ai pris appui, ou pas. Savoir à quoi ressemblait ce monde dont je n’ai aucun souvenir, et dans lequel mon champ d’action était proche de zéro. Ce temps du (...)

bien embarrassé de le dire

Quelle vue magnifique ! c’est donc ici que la Transfiguration de Raphaël a été admirée pendant deux siècles et demi. Quelle différence avec la triste galerie de marbre gris où elle est enterrée aujourd’hui au fond du Vatican ! Ainsi pendant deux-cent-cinquante ans ce chef d՚œuvre a été ici, deux-cent-cinquante ans !... Ah ! dans trois mois j’aurai cinquante ans, (...)

décades - extraits #2

Je suis né par temps froid, au lendemain d’une tempête de neige qui a bloqué Paris. La douceur angevine limitait en partie l’impact – moins un le 11 janvier à Angers, moins 10 le 19. Quelques jours plus tôt, des vents avaient battu les côtes bretonnes et normandes à plus de 100 kilomètres heure. Mais la météo ne fait plus signe : loin de nous l՚îlot battu par la (...)

météo

météo, moment clé des fins de repas, suspens tandis que la table se débarrasse où que la vaisselle commence, gestes suspendus, silence imposé à chacun pour écouter la prédiction du jour — à rebours la météo quitte la prédiction pour offrir du mythe : être né le lendemain d’une tempête de neige, Paris bloqué, à§a vaut-y pas l’îlot battu par la tempête atlantique ? — ou (...)

soucoupe

ce qui s’imagine autour, est-ce qu’on en prend impact, on dit que c’est dans l’air du temps, alors soi, quand on y entre au temps, on en reà§oit quoi, c’est seulement après qu’on fait le tri, en attendant on baigne, dans la langue comme dans l’imaginaire, dans l’imaginaire par la langue, et dans la langue par l’imaginaire, c’est seulement après qu’on déc(h)ante (...)

restituer le tissu de ses jours

voilà qui pourrait nourrir ce projet encore vague, aider à lui donner contours Depuis longtemps, j՚avais envie de me lancer dans une recherche – un cours, un séminaire : au Collège de France, on expose une recherche en train de se faire – sur une année. Je désirais retracer les événements de cette année-là , mois après mois, semaine après semaine, et même jour (...)

carcasses

Marseille, janvier 1966. Au bout d’un treuil, balancé entre sangles, pattes raides et tête en mouvement, le débarquement d’un cheval mort de froid. Vingt fois l’opération se répétera. À vingt reprises hisser hors du cargo les carcasses, poser au sol, ou plutôt dans un camion, décrocher. Corps qui s’enchevêtrent avant équarrissage. Pendant que soi, encore au (...)

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