// Mots-clés

décades

20 billets

Articles

restituer le tissu de ses jours

voilà qui pourrait nourrir ce projet encore vague, aider à lui donner contours Depuis longtemps, j ?avais envie de me lancer dans une recherche – un cours, un séminaire : au Collège de France, on expose une recherche en train de se faire – sur une année. Je désirais retracer les événements de cette année-là , mois après mois, semaine après semaine, et (...)

décades - extraits #2

Je suis né par temps froid, au lendemain d’une tempête de neige qui a bloqué Paris. La douceur angevine limitait en partie l’impact – moins un le 11 janvier à Angers, moins 10 le 19. Quelques jours plus tôt, des vents avaient battu les côtes bretonnes et normandes à plus de 100 kilomètres heure. Mais la météo ne fait plus signe : loin de (...)

fidèles reflets du monde qui les narguait

Ils auraient voulu, parfois, que tout dure, que rien ne bouge. Ils n’auraient qu’à se laisser aller. Leur vie les bercerait. Elle s’étendrait au fil des mois, tout au long des années, sans changer, presque, sans jamais les contraindre. Elle ne serait que la suite harmonieuse des journées et des nuits, une modulation presque (...)

décades - extraits #1

Je suis né à Cholet, dans les locaux de la clinique Saint Luc. Fermée depuis juin 2013. Google me propose l’image de sa façade aux volets clos ; quelques noms de médecins figurent encore sur un panneau. Impression de délabrement. Impression d’un autre temps malgré les volets roulants. L’austérité de la façade, peut-être ; cette masse à (...)

montagne

à peine né et déjà la télé déversait ces images de lieux où tu n’irais que bien plus tard, donnais comme modèles des pratiques qui te resteraient étrangères, parce que cette façon d’envisager le corps comme voué à l’activité sportive, le temps au loisir et au dépaysement, était hors des représentations de ceux parmi lesquels être né et (...)

bombes

être né dans un monde où les bombes H s’égarent, c’est tellement vite arrivé un accident — toute ton enfance avoir entendu le refrain du bouton rouge, qu’assez pour faire sauter la planète mais que la capacité de mort à grande échelle était l’assurance d’un équilibre, était synonyme de paix — des kilos de (...)

de l’ordre de la fantasmagorie et du songe

en lisant M. Yourcenar, Un homme obscur

serpent

sans qu’on n’en sache rien, tous les mots qui se tissent sur nos vies, comme lianes comme lierre s’y agrippent, accrochent, parfois peut-être comme pour les murs laissent traces quand on les arrachent, ou soulèvent des pierres, endommagent, parfois peut—être comme pour les arbres, affaiblissent sans qu’on n’en sache (...)

des contours moins fermes

Quant l’observation de moi-màªme, je m’y oblige, ne fà »t-ce que pour entrer en composition avec cet individu auprès de qui je serai jusqu ?au bout forcé de vivre, mais une familiarité de près de soixante ans comporte encore bien des chances d’erreur. Au plus profond, ma connaissance de moi-màªme est obscure, intérieure, informulée, (...)

l’indicible n’est pas tapi dans l’écriture, il est ce qui l’a bien avant déclenchée

l’écriture est le souvenir de leur mort et l’affirmation de ma vie

0 | 10