// Mots-clés

notes de chevet

41 billets

Articles

journée dont tu ne feras rien

se lever, et savoir que tu ne feras rien de ta journée, ou presque, en avoir l’intuition, parce que la certitude ce serait trop, trop pesant, trop vertigineux, pas sà »r que tu puisses supporter pareil horizon vide, c’est se sentir lourd, màªme dans une carcasse fràªle depuis toujours, c’est le sommeil aux épaules, pas tant la tàªte vide, mais ce qui s’y présente (...)

s’être levé tôt avec l’intention d’écrire

s’être levé tôt avec l’intention d’écrire, avoir devant soi la matinée, s’installer au bureau, ouvrir les fichiers de chantiers en cours, relire, corriger quelques détails, ressentir une insatisfaction sans démêler si elle tient à ce qu’on a lu, à la perception qu’on en a eue, au jugement porté, ou à la fatigue générée par la reprise du travail au lycée, le creusement (...)

notes de chevet | notes #1

Puis tentez, comme si vous étiez le premier homme, de dire ce que vous voyez, ce que vous vivez, ce que vous aimez, et ce que vous perdez. N’écrivez pas de poèmes d’amour ; fuyez pour commencer les formes qui sont trop courantes, trop ordinaires : ce sont les plus difficiles, car il faut une grande force, parvenue à maturité, pour donner quelque chose qui (...)

appel

s’interrompre dans son travail parce que le téléphone sonne, descendre au rez-de-chaussée, avec appréhension, voire pointe d’angoisse — parce que laisser sonner si aucune incertitude ou inquiétude quant aux proches, mais c’est devenu si rare — décrocher et subir un temps de silence ou de brouhaha — le second est préférable, il n’est gros de rien — puis la voix qui (...)

l’ombre d’une branche d’amandier

contempler, un jour de grand soleil, fenàªtre de la chambre ouverte, mais rideau tiré, regarder l’ombre d’une branche de l’amandier, ombre portée dans les plis du rideau rouge, mouvements simultanés de la branche et du tissu, de l’ombre et de son support, feuilles qui s’incurvent légèrement comme celles du pàªcher, rondeur oblongue des fruits, lignes de la branche (...)

traces de l’à¢ge

se rendre à un repas de famille, y constater que les traces de l’à¢ge ne sont pas que taie sur l’oeil — à§a, on sait réparer —, mais aussi fixité, faà§on de ne rien voir, menton qui tombe le regard aux genoux, et le silence qui va avec, visage inexpressif, vague tristesse à première vue, mais lisse conviendrait mieux, et distance, désormais impossible d’atteindre — (...)

crevaison

constater, rentrant du boulot à vélo à midi, la crevaison du pneu arrière, se souvenir des bouts de verre sur la piste cyclable, éclats des bouteilles brisées là le samedi soir ou un autre jour, le long de la ligne du tram, derrière le supermarché de centre-ville, à proximité du lycée, éclats qui brillent au soleil, s’àªtre ingénié à les éviter, n’y àªtre pas (...)

feuilleter

feuilleter un ouvrage, dans un moment d’ennui, de fatigue, ou d’incertitude, d’hésitation, lire un passage, le reconnaître, en chercher un autre qui revient en mémoire à l’état de traces, incertain, comme une impression, le retrouver, ou pas, ne pas s’obstiner à le chercher, accepter le hasard, ne croire ici à aucune forme de divination, mais au simple rebond, au (...)

embellie

se réjouir de l’embellie, l’avoir parfois attendue — pas pour rien que découvert le mot à la lecture de Julien Gracq, à son étude — toujours chez lui accompagné d’italiques, comme lumière rasante de Loire —, découvert non pas le mot, mais avoir alors compris, ou plutà´t approché, les enjeux, ou l’impact, l’écho qu’en soi trouvait l’embellie —, sans doute l’embellie (...)

rechercher

rechercher via web la trace d’un ami perdu, n’en trouver qu’une photo, illustration d’un article de presse régionale — il y aurait là le début d’une fiction —, constater qu’il n’a pas changé de bord politique, ni de profession, reconnaître le haut de son visage — la photo est mal cadrée —, se dire qu’il n’a pas tant vieilli, après quelques tentatives se résoudre à (...)

0 | 10 | 20 | 30 | 40