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notes de chevet

appel

s’interrompre dans son travail parce que le téléphone sonne, descendre au rez-de-chaussée, avec appréhension, voire pointe d’angoisse — parce que laisser sonner si aucune incertitude ou inquiétude quant aux proches, mais c’est devenu si rare — décrocher et subir un temps de silence ou de brouhaha — le second est préférable, il n’est gros de rien — puis la voix qui prononce mes nom et prénom, qui parfois se présente de son seul prénom — celui-ci transparent de préférence, lisse, et se douter à l’accent qu’il est pseudonyme — parfois se lance dans une série de questions, ou présentation d’une prétendue enquête — celui ou celle qui parle a été chargé de, se doit d’aller jusqu’au bout de son appel, il y aurait quelque chose d’inconvenant à l’interrompre, voire de nocif, presque répréhensible — c’est du moins ce qu’il/elle voudrait me faire accroire — ce ton pris pour condamner l’annonce que je vais raccrocher — désormais ne plus rien annoncer, écarter l’appareil de l’oreille, attendre quelques secondes — la voix déjà s’est éloignée — raccrocher — et le soulagement qui va avec, souvent traduit par une expiration avant de remonter l’escalier, revenir au travail en suspens

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