// Vous lisez...

notes de chevet

apercevoir deux poupées sur une poubelle

apercevoir sur le trottoir, posé en évidence sur le dessus d’une poubelle, un carton avec dedans deux poupées à grosses têtes rondes, sourire du couple ainsi constitué et les trouver vaguement monstrueux — la journée de travail a été longue et il fait nuit, dernière image qui retient l’attention, dizaines de mètres avant le retour à la maison, la seule qui aujourd’hui demeure, d’avoir pensé l’écrire —, imaginer les éboueurs les découvrant le lendemain, prenant le carton et le mettant de côté dans la cabine du camion — mais la cadence, courent aux poubelles, sautent au marchepied —, se dire qu’ils ont sans doute lancé le carton dans la benne — les yeux des poupées ont peut-être cligné, mécaniques —, les jours qui ont suivi, comprendre aux volets clos la maison qu’on vide, penser au couple qui vivait là , ne pouvoir retrouver que l’image d’un homme boitant légèrement et fumant la pipe, se demander qui avait déposé les deux poupées — difficile de croire que ce soit les gosses à qui elles avaient été offertes, espérer être capable de soi-même faire le vide

Commentaires