// Vous lisez...

c’est

c’est (6)

Chantier ouvert après lecture du C ?était, de Joachim Séné, paru initialement sur le convoi des glossolales, repris ensuite en versions numérique et papier chez publie.net, et consacré au travail d ?un informaticien dans un openspace. à‰voquer le boulot de prof, non pas avec le recul de qui l ?a quitté, mais comme un présent : c ?est. Réflexions désordonnées, images qui se proposent. Démarré en septembre 2012, poursuivre jusqu ?aux prochaines vacances d ?été.


c’est rentrer du boulot et près du cimetière, lui tournant le dos, assis sur un banc sans dossier, penché vers l’avant, téléphone ou i-pod d’une main, bière extra-forte de l’autre, 50 centilitres, Adelshofen, deux autres boîtes en sac plastique vert à ses pieds, gars la trentaine qui ne compte plus son temps, l’égrène l’étire et puis le froisse comme ses canettes qu’il jette un peu plus loin, c’est croiser un collègue frais retraité et que c’est parler à d’autres ce qui lui manque, màªme pour juste dire des conneries, c’est le sourire d’une jeune femme à la caisse du supermarché et dire que oui, on la reconnaît un peu, que son nom en effet, qu’il y a longtemps, et parler de ce qu’elle endure, qu’elle continuera plus bien longtemps, qu’elle compte reprendre une formation, c’est parler avec G. de son boulot à la prison, et les noms de ceux qu’il y retrouve, des qu’on a connus mà´me, ne pas souvent pouvoir évoquer un visage, syllabes patronymes, trajectoires en morte fin, c’est se dire qu’on sème beaucoup et qu’on récolte peu, c’est ceux dont on a nouvelles via facebook, et sourire aux sentences entendues conseils de classe, c’est se dire que vingt ans de boulot derrière soi, 90 gamins l’année en moyenne, autant de noms, autant de visages, dans quel coin de la tàªte on les porte c’est #1 #2 #3 #4 #5

Voir en ligne : Joachim Séné, C’était

Commentaires