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c’est

c’est (5)

c’est la nuit ràªver qu’encore en terminale, pas assez bossé échouer au bac, reprendre contrà´le et pied dans le temps en pensant au boulot, c’est les trombones et les élastiques qui s’entassent dans le cartable, chaque fois que de la paperasse à distribuer, c’est le cartable qu’il faut renouveler à intervalles réguliers au supermarché, coutures qui là¢chent, c’est n’avoir jamais investi dans un cartable solide — et la distance qu’on voudrait signifier, c’est le cartable trop chargé, la difficulté de l’introduire dans la sacoche du vélo, c’est le poids du papier, photocopies, manuels, et l’ordi qui s’ajoute, c’est se dire que les élèves condamnés au papier, sacs qui pèsent, feuilles qui s’égarent, c’est l’usage du numérique essentiellement cà´té profs et administration, et la révolution que à§a serait une tablette entre les mains des gosses, c’est un tiers d’une classe qui déclare n’avoir jamais lu un roman en entier, et se demander ce que signifie qu’ils soient capables de le dire, sans màªme souci de provocation forfanterie, c’est vouloir se souvenir de ceux qui demandent si on étudiera tel ou tel auteur pour dire qu’ils en sont fans — relativement rare mais précieux

Voir en ligne : Joachim Séné, C’était

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