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entre deux | premier jet

t’approcher du panneau près de l’entrée

t ?approcher du panneau près de l ?entrée... le lire... tu sais déjà ... permis de démolition... un numéro... tu continues... retrouves cette légère descente... y prenais ton élan à vélo... tous ces tours autour de la maison... là tes premières fictions... sur cette bande de terre que tu découvrais tes mondes... faà§onnais tes ràªves... dans ce carré-là ... et puis celui de la télé... à la jonction... mini-vélo cabré fougueux... moto vrombissante... pistolet plastique à la ceinture... sur le sentier de la guerre ou en cavale... tout entier livré au présent... doivent attendre le printemps pour démarrer... mars suffira... douceur angevine... heureux qui comme Ulysse !... en février les plus grosses gelées... et encore... gelées blanches disait ton père... moins un moins deux... un peu de givre sur les vitres des chà¢ssis... quelques toupies suffiront... pas plus d ?une journée pour couler la chape... ne plus rien distinguer alors... comblé ce creux où la maison... tu en devines les contours... place nette jusqu ?aux fondations... contourner... une centaine de mètres carrés... tu te souviens de la maison vide... départ de ta mère à la maison de retraite... ne l ?avoir jamais tout à fait quittée, cette baraque... l ?habiter encore... au-dedans y marcher encore de pièce en pièce... la porter en mémoire... gamin la reconstituer depuis ta chambre... malade rester au lit... et que la vie c ?était les sons des autres... télé de la salle à manger... leurs voix un peu... l ?aspirateur... cliquetis vaisselle... ou quand au sous-sol... du garage à la chaufferie refaire le plan de l ?étage... quelle pièce au dessus... et où les murs de chacune... t ?aidais des tuyauteries pour le chauffage... toute la maison était là ... présente depuis le sous-sol... au bruit deviner ce qu ?on y faisait... pas de ta mère le mercredi matin... balai de la serpillière qui cogne aux plinthes... portes ouvertes.... refermées... fenàªtres... l ?eau du seau vidée dans la douche et le bruit que à§a faisait dans la grosse canalisation... et la porte de l ?escalier qui descendait au sous-sol... vibration de la vitre quand l ?ouvrir la refermer... mercredi matin... rituel du grand ménage... lumière glauque des vitres dépolies... sous-sol du fond... seul la semaine à la maison... tes deux frères au lycée professionnel... internat... leurs anciens magazines dans les caisses en carton... exit les bidons d ?huile... classer dans l ?ordre chronologique... et lire les bd d ?épisode en épisode... aventures au temps de la guerre de Sécession... Iznogoud... espions guerre froide... tu lisais aussi les articles... trucs du passé... cette obsession du texte... déchiffrer ce qui te tombait sous les yeux... comme les Ouest-France posés au fond des cageots ou des paniers... ne pouvoir t ?empàªcher d ?y jeter un œil... bribes préservées... hasard des pliures... de la terre que laissaient les légumes... du temps qui gisait là ... du temps mis en mot... encore et toujours accessible... lue combien de fois chaque série ?... chaque article ?... avant qu ?inscrit à la bibliothèque municipale... ton prof de franà§ais en sixième... vous y avait emmenés dès septembre... formulaires d ?inscription ramenés à la maison... puisque à§a coà »tait peu et qu ?à l ?école... deux romans plus une bd... les ramener au bout de quinze jours... ménage terminé ta mère t ?y emmenait... en allant faire les courses... tu descendais tes trois bouquins... ta carte d ?abonné sous un plastique transparent... elle te servait de marque-page... là qu ?achevé Strogoff... pas le droit sinon... lire c ?était dans ta chambre... deux tomes... bibliothèque verte... à droite en entrant le premier rayonnage... romans de V à Z... première fois... ne pas oser aller plus loin... et puisque droit à deux romans... au sous-sol et sur ton lit... tu ne lisais jamais ailleurs... silence... assis sur une chaise... dossier coupé à la moitié... venait de chez les grands-parents... t ?imaginais dans un bateau... patates sous une couverture... carottes enfouies dans du sable... citerne à mazout... lisant à fond de cale... tournant le dos aux tasses et aux assiettes derrière la vitre du buffet... poignées des tiroirs... de temps en temps tu les tirais... attendre que ta mère se décide enfin à descendre... forà§ait un peu le tiroir... bois qui travaillait en hiver... mais pas bougé le bazar du grand-père... le carnet où noter les dépenses... le crayon minuscule d ?avoir été taillé... les jetons pour compter les points à la belote... dans une vieille boîte en métal... pastilles Euphon au dieu barbu... et puis son paquet de cartes... dans le màªme ordre qu ?après la dernière partie... tu osais à peine y toucher... cette idée que sacrilège de rebattre ces cartes-là ... ce sentiment de clà´ture... ne t ?a guère quitté depuis...

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