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autofiction

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comme si le vide

m’engloutir de nouveau

(Nommer cette ville — comme je l’ai fait d’autres fois — m’est impossible ici, où elle n’est que lieu géographique signalé sur une carte, qu’on traverse en allant de Rouen au Havre par le train ou en voiture par la nationale 15. C’est le lieu d’origine sans nom où, quand j’y retourne, je suis aussità´t saisie par une torpeur qui m’à´te toute pensée, presque tout (...)

Mannish Boy

extrait blog 2008

extrait du blog tenu précédemment, daté du 15 février 2008 ; temps nécessaire avant de passer à l’écriture fiction, écriture de l’intime plutà´t qu’auto quoi que ce soit, résonance plus que les faits, ce qui d’eux s’induit en dedans, et ces pans de soi qu’on laisserait à l’abandon sans l’écriture ; pas tant faire trace que défricher Ce n՚était donc que cela le silence (...)

serpent

sans qu’on n’en sache rien, tous les mots qui se tissent sur nos vies, comme lianes comme lierre s’y agrippent, accrochent, parfois peut-être comme pour les murs laissent traces quand on les arrachent, ou soulèvent des pierres, endommagent, parfois peut—être comme pour les arbres, affaiblissent sans qu’on n’en sache rien, toutes ces fictions qu’on croise, se (...)

soucoupe

ce qui s’imagine autour, est-ce qu’on en prend impact, on dit que c’est dans l’air du temps, alors soi, quand on y entre au temps, on en reà§oit quoi, c’est seulement après qu’on fait le tri, en attendant on baigne, dans la langue comme dans l’imaginaire, dans l’imaginaire par la langue, et dans la langue par l’imaginaire, c’est seulement après qu’on déc(h)ante (...)

train d’enfer

pourquoi importe peu, passé trop de temps déjà à enfoncer des portes ouvertes, c’est au comment qu’il faut s’atteler, méthodique comprendre l’enchaînement, le point de départ puis une à une ce glissé d’étapes, jusqu’à te retrouver là , ces quatre murs, la nuit par ce carré là -haut, ce silence tout autour, bruits de pas qui résonnent, compter ces pas, de la porte qui (...)

montagne

à peine né et déjà la télé déversait ces images de lieux où tu n’irais que bien plus tard, donnais comme modèles des pratiques qui te resteraient étrangères, parce que cette façon d’envisager le corps comme voué à l’activité sportive, le temps au loisir et au dépaysement, était hors des représentations de ceux parmi lesquels être né et éduqué — la télé n’avait pas encore (...)

carcasses

Marseille, janvier 1966. Au bout d’un treuil, balancé entre sangles, pattes raides et tête en mouvement, le débarquement d’un cheval mort de froid. Vingt fois l’opération se répétera. À vingt reprises hisser hors du cargo les carcasses, poser au sol, ou plutôt dans un camion, décrocher. Corps qui s’enchevêtrent avant équarrissage. Pendant que soi, encore au (...)

météo

météo, moment clé des fins de repas, suspens tandis que la table se débarrasse où que la vaisselle commence, gestes suspendus, silence imposé à chacun pour écouter la prédiction du jour — à rebours la météo quitte la prédiction pour offrir du mythe : être né le lendemain d’une tempête de neige, Paris bloqué, à§a vaut-y pas l’îlot battu par la tempête atlantique ? — ou (...)

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