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au fil des jours

train d’enfer

pourquoi importe peu, passé trop de temps déjà à enfoncer des portes ouvertes, c’est au comment qu’il faut s’atteler, méthodique comprendre l’enchaînement, le point de départ puis une à une ce glissé d’étapes, jusqu’à te retrouver là , ces quatre murs, la nuit par ce carré là -haut, ce silence tout autour, bruits de pas qui résonnent, compter ces pas, de la porte qui grince, bruit métallique quand se referme, ces pas jusqu’à l’autre cà´té, de gauche à droite, s’approchent s’éloignent, pas mesurés, tu les comptes, l’autre porte, tu n’as rien vu en arrivant, t’es réveillé allongé sur le sol de béton, réveillé, revenu à toi, tu te souviens du train, c’était tellement idiot, ces 400 bornes en voiture, avoir oublié les clés de la maison, retourner, pas tant de vacances que à§a, inutile de gà¢cher, la peur de l’accident, la fatigue, elle t’avait dit qu’il valait mieux remonter en train, avait raison, t’attendrait là avec les enfants, l’après-midi à Collonges-la-Rouge, le soir au cinéma, tu pouvais faire l’aller retour dans la journée, départ 13 heures et quelques, arrivée en gros vers 16 heures, repartir vers 19 heures 30, arrivée vers minuit, à§a qui était prévu, t’attendaient peut-àªtre encore sur le quai, ou bien filé dans un Formule 1 pour la nuit, se sont dits que tu avais raté ton train, s’inquiètent, pas màªme savoir l’heure, montre brisée, tu t’es défendu sans doute, tenté d’échapper, tes mà´mes qui courent le long du quai, signes d’au revoir, tu avais sorti ta liseuse, était restée dans le train sans doute, enchaîner des récits brefs de Lovecraft, c’était à§a ton programme, une femme derrière toi mangeait ses sandwiches, un type tapait un texte sur son ordinateur portable, voiture quasi déserte, ne restait plus que des places en première, pas le choix de toutes faà§ons, et puis pour une fois, tu avais commencé ta lecture, trouvé la bonne orientation parce que le soleil par la vitre, bouquiné une bonne heure, après Limoges que les contrà´leurs s’étaient pointés, mi trajet entre Limoges et Vierzon, toujours dans ta poche arrière que tu le cales, plié en deux tassé au fond, pour à§a qu’il a fallu te soulever de ton siège, ton bras droit coude plié pour atteindre la poche, tirer ton billet, tu l’avais composté avec tes mà´mes, les amusait de passer le billet dans la borne, la borne à compost mais pas comme au fond du jardin, peut-àªtre levé un peu brusquement, jamais bien à l’aise avec les uniformes, màªme cheminots, longtemps que tu avais renoncé à frauder pourtant, mais s’ancrent vives les expériences premières, ton coude l’avait heurté à la poitrine, c’était allé vite ensuite, ses deux collègues qui avaient accouru, tu les avais repoussés, jamais aimé qu’on te touche, gueulé qu’ils aillent poser leurs pattes ailleurs, le type qui tapait son rapport avait remballé son ordi contre sa poitrine, dernière image, ensuite, t’avaient sans doute descendu à Vierzon, police ferroviaire, nationale, va savoir, rien des cages d’un commissariat où tu te trouvais, infirmerie peut-àªtre, cette odeur de désinfectant, mais la màªme l’autre jour dans cette niche pour distributeurs de billets, incroyable, délit de sale gueule, c’était souvent en ce moment, alors que à§a tombe un jour sur toi, tu ne pouvais que supposer ce qui s’était passé dans sa tàªte, t’avait vu quoi, trente secondes peut-àªtre, de l’impression d’ensemble, au jugé, deux trois détails suffisent, la fatigue sur ton visage, longues ces huit semaines de cours d’affilée, déjà le matin avoir oublié ces clés, pas la grande forme, et l’énervement qui s’en était suivi, et puis ton manteau, jamais fait trop gaffe à tes fringues, pas de manche déchirée à ce moment-là , pas encore, mais des mois que tu aurais dà » le porter à nettoyer, il en faut peu en ce monde du tout clean, sapé comme un charclo là l’bouffon, ta barbe d’une semaine, ton père t’énervait quand il te répétait que les reproches glissent toujours sur un visage lisse, n’empàªche...

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