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au fil des jours

carnets d’itinérant

26-28 juillet 2012

Piriac sur mer – Saint – Brévin les Pins Partir tà´t, chaleur, entre Piriac et Guérande croisé des maisons bunkers, à§a fait quoi d՚habiter en béton de guerre, entre quatre murs d՚attente combat, s՚ y réfugier, s՚y enterrer, maison terrier, Guérande a ses remparts, les longer, traverser longue zone industrielle, odeur de solvant, direction La Baule, pas d՚affinité pour le lieu, là que ceux qui ont de la thune, le savoir déjà gamin, La Baule lieu de distinction sociale, immeubles sur front de mer, rien à envier aux Sables ni à Saint-Jean de Monts, mais certes, oui, l՚entre soi, hasard les indications pour suivre le trajet Vélocéan disparaissent pile à l՚arrivée sur La Baule, réapparaissent à la sortie, entre soi, pas les màªmes remparts qu՚à Guérande mais entre soi, des voitures, des fringues, traverser la réserve, se ressemblent tous dit Etienne, filer vers Saint Nazaire, des drà´les de proximité géographique, s՚arràªter dans le parc paysager, chaleur, rejoindre le pont, c՚est avenues droites, églises clocher béton, nothing left dira l՚Anglais rencontré à un carrefour, apercevoir paquebot en chantier, l՚avoir photographié il y a deux ans, arràªts de bus pour les ouvriers, La Roche Bernard, Le Pouliguen, rayonne au loin l՚onde de choc de plus de boulot, titres aperà§us Ouest France, fermetures à la pelle, passer le pont, petit espace entre ligne blanche et trottoir, mais jouable, et puis l՚interdiction pour les bagnoles de franchir la ligne blanche leur est rappelée, chance direction Saint-Brévin circulation sur deux voies, laisse un peu de marge pour les poids lourds quand nous dépassent, traverser derrière le couple d՚Anglais, perdus quand on les a rencontrés, recroisés le soir à une terrasse, hésitaient à prendre le bus, effrayés par le pont et ce qu՚ils en avaient lu sur le web, people talk talk but they don՚t know, décidé de traverser quand nous ont vus avec les deux mà´mes, rangé l՚appareil photo dans la sacoche, brinquebale sec au cou, la jouer prudent, dommage, camping à la ferme, espèce en voie de disparition, à l՚entrée des fermes pancarte disant fiers de notre lait, slogan cache misère, hameaux traversés pendant le périple, toits défoncés, baraques fermées, et croix de granit imperturbable au centre, lente agonie, demain longer l՚estuaire, s՚approcher de Nantes, territoire d՚une fiction en chantier.

Saint-Brévin les Pins – Nantes Partir tà´t, se dire qu՚on s՚arràªterait à Basse-Indre, comme l՚an dernier, dernière nuit camping sauvage, garder longtemps le pont en ligne de mire, jusqu՚à Paimboeuf, église néo-byzantine, autres lignes, large Loire de l՚estuaire, envasement à Saint-Brévin, bateaux dont on se dit qu՚ils sont pràªtes pour le cimetière, ici aussi un monde qui meurt, canal de la Martinière, longue ligne droite, au Pellerin c՚est marché, manger un morceau, prendre le bac, c՚est terrain déjà parcouru, c՚est rentrer, c՚est avancer vers la ville, rejoindre Basse-Indre rapidement, là aussi un bac, cette faà§on qu՚ils ont de débarquer en voiture, à qui passera le premier, père qui fait l՚aller-retour avec ses deux gosses, de berge à berge pour quels souvenirs, quelles sensations, du passage par bateau, de la traversée par un pont, port de Nantes, silos bétons, zone industrielle, ciselures d՚un minaret au milieu de la tà´le gaufrée, soulagé de pouvoir rouler sur les voies de bus sans en rencontrer un seul, rejoindre la gare, plus qu՚en avance, jardin public en face, retrouver Sarraute, la kobo et la bookeen opus ont tenu sans besoin d՚àªtre rechargées, Pléiade inadapté à la lecture en plein vent et lourd allongé sous la tente, Isabelle et Elsa converties définitivement à la liseuse, de la nécessité d՚une bécane par tàªte, investir d՚ici à la fin de l՚année, Etienne ravitaillé en Maigret chez les bouquinistes, il y aurait de quoi faire à tenter de dire un jardin public, à§a papote, passe, repasse, joggers, fous, gamins, clodos, sandwich proposé au gars venu s՚asseoir sur le banc d՚à cà´té, farfouille poubelle bout de pain et trognon de pomme, a répondu des yeux et mouvement de tàªte, que non, n՚en voulait pas, ne pas insister, tout en silence barbe poivre et sel, mon à¢ge à peu près, capuche du sweat sur la tàªte, blouson de cuir, sac à dos duvet roulé, une autre route, une qu՚on n՚a pas prise, une qui trouble depuis toujours, ràªve récurrent de l՚enfance d՚un gars venu sonner à la porte d՚entrée, qu՚on ne parvienne à l՚empàªcher d՚entrer, et le retrouver au bord de mon lit, silencieux, autre route, tellement liée à celles du dedans.

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