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au fil des jours

carnet d’itinérant 2

11 ‎juillet ‎2011

Montjean-Ancenis

ville sur coteau, l’église qui la domine ; son seul intéràªt : prendre la lumière soir et matin, pierre blanche ; ruines d’un chà¢teau, l’église qui vient prendre place ; un pays de crucifix

descendre depuis le haut de la butte, jardins entourés de murs, fruitiers, fleurs, pelouses, malheureusement les taches bleues des piscines, ronds mous qui ne demandent qu’à s’enfoncer dans le sol ; descendre de place en place

passé par Saint-Florent-le-Vieil ; route de la levée, longtemps en perspective au bout de la ligne droite l’église de Notre-Dame du Marillais (pays de crucifix, mais aussi pays de Vierges), puis à l’arrivée s’impose une usine (un ou deux virages suffisent) ; ici on ne devine que rarement la proximité de la ville ou du village par la présence d’un clocher : c’est le pont qui informe de l’arrivée imminente (pays de tiraillement entre vieille terre et coulée libre de Loire)

îles, fermes construites en hauteur par rapport au bras du fleuve ; bras du fleuve asséchés ; sable et taches brunes du passage de l’eau, végétation qui reprend place

peupliers (vent et lumière) ; rangées sages des arbres de rapport ; tout au long du fleuve ou presque, et bordent les prés autour

Saint-Florent, l’itinéraire Loire à vélo emprunte la promenade Julien Gracq ; quelques panneaux installés tous les cent ou deux cents mètres, fond marronnasse avec en lettres blanches quelques lignes de Julien Gracq avec dates de naissance et de mort (c’est pas plus que à§a un écrivain, une année à§a naît, une autre à§a meurt, trois petits tours et puis s’en va ; à quoi bon en dire plus ?) ; extraits choisis dans une perspective touristico-régionaliste ; extraits où peupliers de l’île batailleuse, et ce bateau attaché durant l’enfance en bas de la maison familiale, et les lavandières en bas de la rue du màªme nom

maison aux volets clos ; les roses trémières dans le jardin de l’ancienne gendarmerie ; là , rien ; aucune indication que Julien Gracq vécut ici ; tenté de pousser les grilles du 1 et du 3 de la rue du grenier à sel, mais fermées à clé ; monde sous clé

hésité (20 ans que venu ici, mémoire de maîtrise sous le bras, lumières dans le Rivage et le Balcon) ; si, bien là ; plaque indiquant la rue entourée de lierre, disparaissant presque ; si, bien là ; puisque cette petite cloche à l’entrée ; celle-là qui avait sonné, qu’il avait fallu se décider à tirer ; et ce besoin de venir là pour dire l’envie d’écrire, comme si à§a ne pouvait pas se jouer entre soi et soi ; besoin qu’un homme de la vieille terre dise que si, possible (et clair dans ses propos que la question ne se posait pas) ; légitimité à !

boulot, boulot, boulot

boulets dont on peut avoir l’art de s’encombrer

campings, tournois de pétanque, douche, trousse de toilettes à la main, serviette sur l’épaule (le camping est terrain d’hygiène)

mobil-homes, les petits bouts de jardins autour, une plate-bande où des tomates, quelques aromatiques ; ici, c’est chez soi, coin de verdure à soi ; barrière de bois de la mini-terrasse qu’on époussète le matin, voiture qu’on astique à la peau de chamois, moindre bout de bois passé au produit traitant ; ici on entretient, on tient propre et on lit des magazines en écoutant la radio ; on vient parfois de pas très loin, quelques dizaines de kilomètres mais à§a suffit (de la relativité du dépaysement)

gamins qui tournent dans les allées des campings, accélération, dérapage, demi tour, puis encore, accélération, dérapage

Voir en ligne : carnet d’itinérant 2 / photos

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