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au fil des jours

jardin, terre d’enfance

parvenu bientà´t à l’écriture de la partie centrale de la série entre deux, confrontation avec le jardin disparu de l’enfance, celui qu’on porte en soi, comme la chambre, la maison qu’on n’a jamais vraiment quittée au dedans, alors reprise du texte confié à Maryse Hache pour les vases communicants [1] de septembre 2011.


jardin, terre d ?enfance, espace premier où s ?inventer les jours, territoire qu ?on s ?approprie, empreinte que laissent ces cheminements en lieu clos, habité par la fiction du jeu, chef apache au milieu des poireaux, empreinte au-delà du souvenir, de celles qu ?on porte ensuite, sans toujours savoir les lire, alors écrire pour à§a aussi, de ce qui se jouait alors retrouver la force, estimer le poids, quand loin, et que n ?existent màªme plus les allées du potager, devenu peau de chagrin au fil du temps parce que l ?à¢ge, que plus la force, et signe que la mort n ?est plus si loin, qu ?à chaque génération quand passés les derniers semis, on sait qu ?il est temps d ?effacer, plutà´t que laisser envahir de saloperies et que devienne jungle, temps d ?une pelouse où des arbres et des arbustes pour occuper l ?espace, à peine quelques fruitiers, comme pour faire bonne figure, maquiller la déroute, l ?adoucir quand de temps en temps encore y descendre au jardin, et se souvenir de la quasi autarcie, du poulailler au fond et des clapiers à lapins, de la soupape que c ?était le soir après l ?usine, de retrouver la terre, retrouver ce que savoir faire, et s ?en nourrir, dernier sursaut d ?une lignée paysanne qui se meurt, et remue encore un peu quand, dans ces dizaines de mètres carrés derrière un pavillon, à ton tour tenter malgré tout

Notes

[1] le mois prochain, échange avec Lucien Suel — lu ce week-end Blanche étincelle, plaisir

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