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micro-fictions

plateau

J’ai compris un truc, cet après-midi, en rentrant de balade. Une voiture était arrêtée dans un virage, sur la petite route qui passe derrière la maison. Arrêtée, ses feux de détresse en marche. Sur le plateau qu’il tractait, une vieille Citroën GS, encore en bon état, si ce n’était la peinture un peu ternie. J’ai aperçu le conducteur en passant auprès. L’air fatigué de qui a conduit trop longtemps, la mine grise de qui n’a pas le temps de faire des pauses, s’arrête pour faire le plein, boire un café et repart. Je me suis dit que le gars devait chercher sa route. Mais il ne m’a pas fait signe. J’ai continué, soleil couchant dans la tronche. Une phrase m’a traversé l’esprit, mais qui me taraude depuis : c’est les voitures des morts qu’on transporte sur des plateaux.

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