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micro-fictions

tête monde

tête monde | tentative de fiction face caméra

Ce qu’il y a du monde dans ma tête, et le monde dans ma tête – tous ceux qui s’y trouvent, alors gros plan sur ma tête, les yeux posés sur le monde et la bouche pour le dire, les yeux avant poste des deux lobes, la bouche où le souffle et les mots, et visage mis à distance, parce que fiction, mis à distance par l’aspect presque dessin, une représentation de soi, un autre par l’image, visage trop proche de la confidence qui envahit, et mis à distance par le sépia et le grain d’un vieux film, des filtres pour mettre à distance, des confidences d’un qui sait pas, d’un qui se heurte au monde, aux mots, à lui, aux autres, et terminer par le visage qui reprend position avant de se figer, position de celui qui regarde ailleurs, ne voit déjà plus celui à qui il vient de s’adresser, de celui qui a lâché ce qu’il avait à dire, s’en est soulagé, a transmis le malaise peut-être, alors pourquoi regarder l’autre encore, même par écran interposé ? revenir à soi, à ses monstres, aux autres, à ceux de la suite, parce que ça pourrait durer sans fin peut-être, de dire le livre des peurs, des doutes, des ignorances, le livre des espoirs déçus, le livre de l’incertitude du monde, le livre des chaos, sans maquillage, sans apprêt, en langue brute, langue directe, née du clavier et de l’impro voix, dans la tension entre, langue de l’instant et de la rumination

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