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vases communicants

des corrections

vases communicants septembre 2009

Tenter d’être précis sans réduire le discours. Ne pas se disperser ni se trahir bien sûr, se faire comprendre mieux sans en passer par l’anecdote, cet ici et maintenant qui par moments se révèle simpliste, offre une image tronquée (comme on cite une marque pour ne pas décrire un objet) histoire d’en rester là, d’éviter le vertige (C’est qu’il y a du vide ? On entend la question d’ici). Le raccourci l’ellipse oui. Mais il faut également réussir à creuser ce qui au premier jet n’était que suggestion sans grossir le trait ni rien amenuiser. Caricature de ce qui jusqu’ici n’était pas dit : un comble.

De quoi je parle ? D’un nous sur le trottoir, groupe indistinct qui passe, stationne près d’un immeuble dont il observe la façade. Pour celle qui m’édite ce nous est vague, trop. Elle a raison. Mais si je le précise, qu’en dire ? Qui est là ? Qui fait partie du groupe ? Dans mon esprit, le narrateur et ses lecteurs, qu’il convoque sans leur demander leur avis. Mais faut-il qu’il s’adresse à eux pour les en informer ? D’instinct non. Peut-être alors en faire des piétons, des voyageurs et espérer qu’ils comprendront : ces passants qui s’arrêtent, lèvent la tête, découvrent la fenêtre, n’entrent pas dans la chambre, ce sont eux, et rien qu’eux.

Anne Savelli

Mon texte sur Fenêtres open space.

Voir en ligne : Anne Savelli, Fenêtres open space

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