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rien sous la main que le vide

Ce qu’on appelle ridiculement le "travail de l’écrivain" est une oisiveté qui confine à la misère. Il n’a pas de bout de couverture, de tricot, à peine d’agitation manuelle. Ce travail n’apaise pas, il ne dirige pas la pensée hors de soi, il ne fournit pas de dérivation à l’animation propre à un corps. Il n’a (...)

jardin secret

printemps à n’en pas douter : les lèche-pivoines sont fleuries, les iris-de-nuit ne tarderont plus, de même les « murmures lactés » — il doit bien exister un nom plus scientifique, mais qu’importe —, en bourgeons les peines-du-jour, idem les « folles amandes », les croche-menus, et le sainfoin des morts, sans oublier les (...)

dire quoi

dire quoi, quand sà »r de rien ; quand il suffit d’ouvrir un tiroir, en tirer quelques enveloppes et voir le monde se dérober sous vos yeux, tout rongé de sa découverte, bouffé du dedans par une dizaine de mots pas plus ; peut-àªtre màªme moins suffisent parfois ; alors, les élucubrations, les numéros d’équilibriste avec les mots ou les (...)

heureusement que dans la vie, la vraie comme ils disent

heureusement que dans la vie, la vraie comme ils disent, il y a toujours quelqu’un pour t’empàªcher de faire des histoires, qui te l’intime ; à§a ne s’arràªterait jamais sinon, en boucle ininterrompue ces longues coulées de mots, ces bouts d’histoires qui surgissent, histoires sans lendemain mais qui pourtant demeurent en (...)

monosyllabes lecture #1

écrire à partir de monosyllabes, creuser le hasard au gré des accumulations qu ?as-tu fait de tes jours / il y va de ta vie / ce n ?est pas coeur pur / ne dis pas que c ?est cool / je ne sais pas je ne sais plus / tu me suis / c ?est mort / rien à faire / tais-toi / suis ta pente / c ?est mort et tu ris / bel et bien con / seul / c ?est vie noir et (...)

cent fois sur le métier

Repris le début du récit en cours, entre deux. Versions précédentes trop polies à mon goà »t, avec encore un narrateur qui pointait son nez pour veiller à la clarté du propos, encombrait la phrase d’adverbes et de liens logiques/chronologiques. Le réveil et la gueule de bois méritent une grammaire spécifique. froid… genou droit… douleur... jambe (...)

c’était pas dire le monde

c’était pas dire le monde, seulement en écumer le jargon

départ

Reprise du texte paru chez à‰ric Dubois pour les vases communicants de février. Vendredi prochain, échange avec Lucien Suel sur le thème de la route (dans la continuité du départ...). Tout départ est tri. Et donc critique. Tout départ est passage au crible. Tout départ est séparation au-dedans avant màªme d ?impliquer un quelconque mouvement. Et par (...)

comme si c’était simple de regarder le monde en face

comme si c’était simple de regarder le monde en face ; sans tricher se planter dans un coin et se mettre à faire l’inventaire ; et n’y rien changer ; dire ce que l’on voit, le plus honnàªtement possible ; pas question de savoir faire ou non, mais la force que à§a demande ; quand soi, la faà§on dont on la regarde en face la vie (...)

ce mystère sourd-muet

Je sais tout ce qui fut, tout ce qui sera, Je connais ce mystère sourd-muet Que dans la langue menteuse et noire Des humains — on appelle la vie. Marina Tsvétaà¯éva, Le ciel brà »le

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