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notes de chevet

entendre les Stones dans le supermarché d’une petite ville

entendre les Stones dans le supermarché d’une petite ville, riff circulaire de Keith Richards et la voix de Jagger qui vient s’y poser, s’étonner de les retrouver dans ce lieu où, entre deux annonces publicitaires, est déversée une musique d’ambiance, se dire que tout se lisse à force de temps et d’habitude, que l’important n’est sans doute pas la musique en elle-même mais que l’oreille s’y soit faite, que tout au moins il y ait reconnaissance, qu’au bout d՚une cinquantaine d’années ces sonorités blues et rock ont pris place dans le décor, s’y sont fondues, au risque d’y disparaître, partie intégrante d’un flux continu, large, penser au décalage entre la vie de ceux qui poussent leurs chariots dans les allées du magasin et l’imagerie rock du groupe, rien ici ne s’y rattache sinon peut-être au rayon alcools les bouteilles de whisky et de vin, réaliser que ce décalage n’est pas question de générations puisque les plus âgés ici ont dû naître dans les mêmes années que Jagger et consorts, se résoudre à admettre que ce qui unit cette musique et ce lieu est la consommation

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