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micro-fictions

appels téléphoniques

C’est tous les jours que j’en reçois des appels téléphoniques depuis des centres d’appels, ou automatisés avec voix synthétique pré-enregistrée. Il est question de fenêtres à changer, de ravalements de façades, d’enquêtes, de sondages, de colis en attente, ou pire, ceux qui annoncent suite à votre recherche d’emploi... Et puis il y a celui-ci, de tous le seul troublant, parce que situé hors de la veulerie du temps, de la course au cash jusque dans les poches des pauvres, celui qui s’ouvre sur un silence puis, au bout de quelques instants — une durée suffisamment courte pour que je n’aie pas raccroché — se clôt sur une voix féminine mais synthétique, deux syllabes qui éclatent avec appui net sur chacune des consonnes initiales, et se prolongent au final d’une voyelle mouillée : goodbye. Rien qu’un mot, pour mieux laisser chacun libre de deviner de quoi ce jour-là il s’est éloigné ou séparé.

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