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notes de chevet

dans un village presque désert

Habiter, pour une semaine, un village presque désert, l’avoir constaté déjà en consultant Google street, ne demeurent plus qu’un bar, une boulangerie et un garage, la propriétaire du gîte, à ton arrivée nous parle du passé, de l’activité d’autrefois, des seules cloches de l’église qui aujourd’hui témoignent d’un peu de vie, de la pièce où on se trouve, demande si on ne remarque rien sur les poutres, ces marques dans le bois, chacun, sans trouver, d’y aller de son explication, qui arrive enfin : c’était un café, où les gars revenant des champs plantaient leurs outils avant de passer dans la pièce à côté pour boire un coup — le passé est cliché, des hommes en sueur, des faucilles et des faux plantées (tenant comment ?), le passé est flou puisqu’ impossible de retrouver d’autres noms d’outils —, marcher le soir dans ces rues vides, constater les traces du temps où l ?État s’affirmait dans l’espace, l’école des garçons, le bureau des P et T et la mairie ne formant qu’un bloc, dérisoire est venue auprès se greffer la salle polyvalente et ses toilettes publiques, deviner les anciens commerces : ces vitrines qui ne parviennent à devenir fenêtres, sur une porte vitrée un autocollant Pernod Ricard, pour les autres, ne pouvoir que supposer, repérer des portes et des fenêtres obstruées de parpaings, sur une façade, une enseigne Massey-Ferguson, et par le portail large et haut apercevoir bric-à -brac de pièces sr des étagères et quelques machines, marcher dans le silence, derrière les fenêtres des écrans télé, couleurs vives et mouvements brusques, un peu de musique techno, par la fenêtre quelques silhouettes attablées autour de bouteilles — ce qu’ils sont venus chercher ici, ces retraités anglais qui l’après-midi picolaient au soleil de leur terrasse en écoutant les Spice Girls ? —, un puits condamné par une plaque de métal, au dessus d’une porte, une date inscrite : 1741, faire le calcul, soit cinquante-huit ans avant la Révolution française, la propriétaire en parlait, des cycles, que la vie à§a allait, à§a venait, que rien jamais n’était figé, tu voudrais le croire, que ce monde meurt en accouchant d’un autre, mais tu n’en es pas sûr, certain de rien sinon de vouloir penser en d’autres termes qu’entropie et aporie

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