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notes de chevet

traces de l’âge

se rendre à un repas de famille, y constater que les traces de l’âge ne sont pas que taie sur l’œil — ça, on sait réparer —, mais aussi fixité, façon de ne rien voir, menton qui tombe le regard aux genoux, et le silence qui va avec, visage inexpressif, vague tristesse à première vue, mais lisse conviendrait mieux, et distance, désormais impossible d’atteindre — c’est ainsi qu’on a la paix dans les maisons spécialisées où s’entassent les vieux, à coups de benzodiazépine —, le savoir, l’avoir lu, le constater —, observer dans ce visage le seul mouvement des mâchoires qui s’actionnent, l’appétit est toujours bon, refuge de toujours, ne proférer aucune parole, parce que la peur du vide où elles dégringoleraient, boire un verre de vin à la santé de celui qui fête ses 18 ans, se dire que les tables familiales jouent aux chaises musicales

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