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notes de chevet

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rechercher via web la trace d’un ami perdu, n’en trouver qu’une photo, illustration d’un article de presse régionale — il y aurait là le début d’une fiction —, constater qu’il n’a pas changé de bord politique, ni de profession, reconnaître le haut de son visage — la photo est mal cadrée —, se dire qu’il n’a pas tant vieilli, après quelques tentatives se résoudre à admettre que c’est là la seule trace, être déçu de ne pas avoir accès à davantage de sa vie actuelle, avoir conservé dans un carnet sa nouvelle adresse et son numéro de téléphone, mais regretter de ne pas trouver une adresse électronique par laquelle faire signe, ou acte de pensée, parce que juger trop intrusif le téléphone, et détester l’utiliser, et trop formel un courrier papier, penser à l’encombrement ridicule de mon compte Facebook, y avoir lu ce matin, volée hasardeuse, qu’un des cinq regrets récurrents exprimés lors d’une agonie étaient de ne pas avoir tenté de renouer avec des amis perdus de vue : c’était là que tout avait commencé, dans le flot des inconnus croisés sur l’écran

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