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traversée Balzac

La fausse maîtresse

Toujours cette importance du nom : Les mères de famille apprirent trop tard que, dès l’an neuf cent, les Laginski se comptaient parmi les familles illustres du Nord.

Où réapparaît le Balzac architecte (qui quand il écrit bà¢tit) : Si jamais cette vérité, que l’architecture est l’expression des mœurs, fut démontrée, n’est-ce pas depuis l’insurrection de 1830, sous le règne de la maison d’Orléans ? Toutes les fortunes se rétrécissant en France, les majestueux hà´tels de nos pères sont incessamment démolis et remplacés par des espèces de phalanstères où le pair de France de Juillet habite un troisième étage au-dessus d’un empirique enrichi. Les styles sont confusément employés. Comme il n’existe plus de cour, ni de noblesse pour donner le ton, on ne voit aucun ensemble dans les productions de l’art. De son cà´té, jamais l’architecture n’a découvert plus de moyens économiques pour singer le vrai, le solide, et n’a déployé plus de ressources, plus de génie dans les distributions. Proposez à un artiste la lisière du jardin d’un vieil hà´tel abattu, il vous y bà¢tit un petit Louvre écrasé d’ornements ; il y trouve une cour, des écuries, et si vous y tenez, un jardin ; à l’intérieur, il accumule tant de petites pièces et de dégagements, il sait si bien tromper l’œil, qu’on s’y croit à l’aise ; enfin il y foisonne tant de logements, qu’une famille ducale fait ses évolutions dans l’ancien fournil d’un président à mortier.

l’un de ces ràªves pareils, toute proportion gardée, à celui de Georges IV à Brighton (il aurait écrit quoi de passage à Brighton ?)

Tout ce luxe, dit princier par des gens qui ne savent plus ce qu’est un vrai prince, tenait dans l’ancien jardin de l’hà´tel d’un fournisseur, un des Crésus de la révolution, mort à Bruxelles en faillite après un sens dessus-dessous de Bourse.

De Paris : pour bien des gens Paris est une maladie ; il est quelquefois plusieurs maladies.

De l’éclairage : Enfin, dernière grà¢ce, ces richesses éclairées par un demi-jour qui filtre à travers deux rideaux de dentelle, en paraissaient encore plus charmantes.

Du décor comme indice social : Tel est un boudoir en 1837, un étalage de marchandises qui divertissent les regards, comme si l’ennui menaà§ait la société la plus remueuse et la plus remuée du monde. Pourquoi rien d’intime, rien qui porte à la ràªverie, au calme ? Pourquoi ? personne n’est sà »r de son lendemain, et chacun jouit de la vie en usufruitier prodigue.

Toujours le nom : Il a droit au titre de comte Paz, il ne se fait appeler à Paris que le capitaine.

Balzac amoureux : Rien ne ressemble plus à l’amour divin que l’amour sans espoir.Un homme ne doit-il pas avoir une certaine profondeur dans le cœur pour se dévouer dans le silence et dans l’obscurité ? Cette profondeur, où se tapit un orgueil de père et de Dieu, contient le culte de l’amour pour l’amour

Du déclin de l’aristocratie : la dégénérescence forcée des familles aristocratiques assez insensées pour toujours s’allier entre elles

De la création : Dans ses jours de misère et d’isolement, à Varsovie, il lisait, il s’instruisait, il comparait et méditait ; mais le don de création qui fait le grand homme, il ne le possédait point, et peut-il jamais s’acquérir ?

Où fait irruption une artiste de cirque, du nom de Malaga : Quand je la vois, ses cheveux noirs retenus par un bandeau de satin bleu flottant sur ses épaules olivà¢tres et nues, vàªtue d’une tunique blanche à bordure dorée et d’un maillot en tricot de soie qui en fait une statue grecque vivante, les pieds dans des chaussons de satin éraillé, passant des drapeaux à la main, aux sons d’une musique militaire, à travers un immense cerceau dont le papier se déchire en l’air, quand le cheval fuit au grand galop, et qu’elle retombe avec grà¢ce sur lui, applaudie, sans claqueurs, par tout un peuple... eh bien ! à§a m’émeut ?

Où passe Dante : l’amant de Clémentine était comme au fond d’un de ces abîmes décrits par Alighieri

Un homme présent dans la ville, et inaccessible : Jamais femme eut-elle un pareil roman dans sa vie.

Et toujours l’importance des lettres dans la construction narrative.

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