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du côté des revues

ce que nous faisions là (d’ici là #1)

lecture par Anne Savelli

Lecture par Anne Savelli d’un texte écrit pour le premier numéro de la revue de création d’ici là  diffusée par publie.net. Merci à elle. On retrouvera l’ensemble des lectures (textes notamment de Joachim Séné, Christophe Grossi, Franà§ois Bon, Christine Jeanney, Maryse Hache) sur Liminaire, le site de Pierre Ménard.

MP3 - 3 Mo
ce que nous faisions là 

Ce que nous faisions là , allongé sur ce canapé, nous avions donc marché, descendu l ?escalier, d ?abord cette porte, pourtant si, avoir pris soin de la refermer, que rien ne la dérange, qu ?elle demeure là endormie pendant que nous, ce couloir à traverser, alors sans doute cette impression qu ?avancer, savoir vers quoi ne pas pouvoir le dire, le désirer tellement quand màªme l ?appréhension, avancer s ?y laisser prendre, de quoi avions-nous peur mais bifurquer main gauche, une à une descendre ces marches qui grincent, quelle musique alors nous habitait, quels rythmes s ?inscrivaient au mouvement, combien de stations en cours de descente, et dire que non pas de chute, un à un les degrés sans précipices, guidé comment, guidé par qui, descendu jusqu ?à ce que nos pieds nus au paillasson, là peut-àªtre aurions-nous pu voler, détente d ?un corps qui s ?oublie atteindre au privilège, mais non, s ?avancer encore, demi pénombre parce que les lampadaires, le froid de la nuit sous la porte, ce qu ?il en demeure au carrelage, une porte encore, ce soin de les refermer toutes, ce qui jusqu ?ici nous a mené, quel inventaire pour l ?arpenteur des nuits, pour jusqu ?au canapé quand l ?abri des murs le béton ràªche, toutes ces maisons en ligne leurs symétries, qu ?une porte seulement dans la cloison, l ?ailleurs si proche, qu ?à peine plus d ?une main en franchir l ?épaisseur, s ?y réveiller matin d ?autres odeurs, sans l ?empreinte de nos corps, autre lieu autre nuit, qu ?en saurons-nous jamais, l ?inventaire sien suffit, se le dire ou le croire, ce que réel on nomme, de nos mains les yeux clos en dessiner l ?enveloppe, s ?y inscrire et pleurer du si peu qu ?on y glane : tant de fois nous y avions mimé l ?éveil.

Voir en ligne : Pierre Ménard, Liminaire

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