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traversée Balzac

Esquisse d’homme d’affaires d’après nature

Où démarrer le récit par une étymologie (et où langue et réalisme s’interpénètrent) :

Lorette est un mot décent inventé pour exprimer l’état d’une fille ou la fille d’un état difficile à nommer, et que, dans sa pudeur, l’Académie Française a négligé de définir, vu l’âge de ses quarante membres. Quand un nom nouveau répond à un cas social qu’on ne pouvait pas dire sans périphrases, la fortune de ce mot est faite. Aussi la Lorette passa-t-elle dans toutes les classes de la société, même dans celles où ne passera jamais une Lorette. Le mot ne fut fait qu’en 1840, sans doute à cause de l’agglomération de ces nids d’hirondelles autour de l’église dédiée à Notre-Dame-de-Lorette. Ceci n’est écrit que pour les étymologistes. Ces messieurs ne seraient pas tant embarrassés si les écrivains du Moyen-Age avaient pris le soin de détailler les mœurs, comme nous le faisons dans ce temps d’analyse et de description.

Où le lecteur est devenu un habitué :

par une soirée de carnaval, maître Cardot avait régalé, chez mademoiselle Turquet, Desroches l’avoué, Bixiou le caricaturiste, Lousteau le feuilletoniste, Nathan dont les noms illustres dans la Comédie humaine rendent superflue toute espèce de portrait

Où un ancêtre de l’annuaire, lui-même depuis disparu :

Maxime examina l’Almanach des 25 000 adresses, il trouva cette ligne rassurante. DENISART, ancien directeur des douanes, rue de la Victoire.

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