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traversée Balzac

Honorine

Où Sarraute n’est pas si loin : cette soudaine entente de ce qu’on pense et de ce qu’on ne dit pas, ce génie du sous-entendu, la moitié de la langue franà§aise

Où Byron est bien pratique : Ce diplomate, homme d’environ quarante ans, marié depuis six ans, était le portrait vivant de lord Byron. La célébrité de cette physionomie dispense de peindre celle du consul.

Où le conteur est lecteur (et où, l’école écartant la littérature, on y entre par la découverte des contemporains) : Sevré de littérature au collège, où je demeurais chez le proviseur, j’avais une soif à étancher. Dès que j’eus lu quelques-uns des chefs-d ?œuvre modernes, les œuvres de tous les siècles précédents y passèrent.

Où il est de nouveau question de l’art de conter : Les hommes réellement instruits, les politiques à qui les affaires donnent et une expérience consommée et l’habitude de la parole, sont d’adorables conteurs, quand ils savent conter. Il n’y a pas de milieu pour eux, ou ils sont lourds, ou il sont sublimes. à€ ce charmant jeu, le prince de Metternich est aussi fort que Charles Nodier.

Où la folie guette : Par certaines nuits, j’entends les grelots de la folie, j’ai peur de ces transitions violentes d’une faible espérance, qui parfois brille et s’élance, à un désespoir complet qui tombe aussi bas que les hommes peuvent tomber.

Où il est question du vrai : Voici cette lettre, j’en ai gardé une copie, car, mademoiselle, dit le consul en s’adressant à Camille Maupin, vous connaissez les ressources de l’art, les ruses du style et les efforts de beaucoup d’écrivains qui ne manquent pas d’habileté dans leurs compositions ; mais vous reconnaîtrez que la littérature ne saurait trouver de tels écrits dans ses entrailles postiches ! Il n’y a rien de terrible comme le vrai.

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