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je me souviens

je me souviens (1)

Je me souviens avoir cherché le I remember de Joe Brainard chez Barnes et Noble à New-York mais ils ne l’avaient plus.

Je me souviens avoir trouvé la traduction du livre de Brainard chez un bouquiniste de Nantes. Nous avions parlé d’Henriette Walter et de Bourdieu.

Je me souviens de ce gars qui passait parfois quand j’étais pompiste de nuit, un insomniaque qui pour passer le temps faisait des allers retours entre Cholet et Angers par la nationale.

Je me souviens du premier roman que j’ai emprunté à la bibliothèque municipale, Michel Strogoff de Jules Verne, à cause du prénom, et puis parce que c’était la première étagère à droite en entrant, et que je n’avais pas osé aller plus loin.

Je me souviens de Stéphane, du soir où il est venu me dire adieu. Il avait amené une bouteille de rhum mélangé à de l’orange. Il disait partir pour l’Irlande et comptait y mourir à coups d’alcool. Nous n’avions pas 20 ans.

Je me souviens de ce patron de bar à Saint-Gilles Croix-de-Vie, étonné que je sache que sous dans sa bouteille de gnôle dissimulée derrière un papier journal se trouvait une vipère.

Je me souviens des photos que je prenais dans le jardin de mes parents, en utilisant les fils électriques pour composer l’image. Un truc que j’utilise encore pour mes vidéos.

Je me souviens d’un samedi matin où ma mère et moi avons traversé, transis de peur, l’allée bordée de peupliers qui menait à l’école maternelle parce qu’un taureau s’était échappé du marché aux bestiaux. Après vérification, ce n’est qu’à partir de 78 qu’il s’est tenu le lundi.

Je me souviens que ma mère, parlant de l’orage, disait elle et non il.

Je me souviens de ma tante qui aimait dire : c’est tout un art.

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