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roy buchanan

James Baldwin | Sonny’s Blues

All I know about music is that not many people ever really hear it. And even then, on the rare occasions when something opens within, and music enters, what we mainly hear, ot hear corroborated, are personal, private, vanishing evocations. But the man who creates the music is hearing something else, is dealing with the roar rising from the void and imposing order on it as it hits the air. What is evoked in him, then, is of another order, more terrible because it has no words, and triumphant, too, for that same reason. And his triumph, when he triumphs, is ours.

Tout ce que je sais sur la musique, c’est que peu de gens l’écoutent vraiment. Et que même quand c’est le cas, dans les rares occasions où quelque chose s’ouvre en nous, et que la musique nous pénètre, ce qu’on entend surtout, ou ce qu’on associe à la musique, ce sont des évocations fugaces, personnelles, intimes. Mais celui qui crée la musique écoute autre chose, il se débrouille avec le fracas qui émerge du vide et le met en ordre au moment où il résonne dans l’air. Ce que ça lui évoque, à ce moment-là , est d’un autre ordre, plus terrible parce que à§a se passe de mots, et, pour la même raison, plus puissant, aussi. Et ce triomphe-là , quand il a lieu, est aussi le nôtre.

James Baldwin, Sonny’s Blues

voir aussi Balzac, Ursule Mirouët : la puissance du seul art qui parle à la pensée par la pensée même, sans le secours de la parole, des couleurs ou de la forme

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