Où irais-je, si je pouvais aller, que serais-je, si je pouvais àªtre, que dirais-je, si j’avais une voix, qui parle ainsi, se disant moi ? Répondez simplement, que quelqu՚un réponde simplement. C՚est le màªme inconnu que toujours, le seul pour qui j’existe, au creux de mon inexistence, de la sienne, de la nà´tre, voilà une simple réponse. Ce n’est pas en pensant qu’il me trouvera, mais que peut-il faire, vivant et perplexe, oui, vivant, quoi qu’il dise. M’oublier, m’ignorer, oui, ce serait le plus sage, il (...)
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d’écrire
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ce n’est pas en pensant qu’il me trouvera
6 septembre 2016, par M.B. -
notre effort contre le monde
3 juin 2016, par M.B.je vois naître une littérature de circonstances, et de circonstances non choisies, de rencontres, une sorte de perpétuel journal de nos relations avec le monde, empruntant toutes les formes qu’on voudra, roman, essai, commentaires ou poèmes, la fiction n’étant plus qu’un alibi, ou peut-àªtre une dernière pudeur...
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désenfouir
29 avril 2016, par M.B.Mais à quoi bon écrire si ce n’est pour désenfouir des choses, màªme une seule, irréductible à des explications de toutes sortes, psychologiques, sociologiques, une chose qui ne soit pas le résultat d’une idée préconà§ue ni d’une démonstration, mais du récit et qui puisse aider à comprendre — à supporter — ce qui arrive et qu’on fait.
Annie Ernaux, Mémoire de fille -
ont pensé en moi
12 mars 2016, par M.B.Je n’ai pas de désir de découvrir des zones d’ombre de ma vie, ni de me souvenir de tout ce qui m’est arrivé, et mon passé, en soi, ne m’intéresse pas spécialement. Je me considère très peu comme un àªtre unique, au sens d’absolument singulier, mais comme une somme d’expériences, de déterminations aussi, sociales, historiques, sexuelles, de langages, et continuellement en dialogue avec le monde (passé et présent), le tout formant, oui, forcément, une subjectivité unique. Mais je me sers de ma subjectivité (...)
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auquel je ne peux répondre qu’en écrivant
19 décembre 2015, par M.B.En fait, me semble-t-il, au-delà de ces quatre pà´les qui définissent les quatre horizons de mon travail — le monde qui m’entoure, ma propre histoire, le langage, la fiction —, mon ambition d’écrivain serait de parcourir toute la littérature de mon temps sans jamais avoir le sentiment de revenir sur mes pas ou de remarcher dans mes propres traces, et d’écrire tout ce qui est possible à un homme d’aujourd’hui d’écrire : des livres gros et des livres courts, des romans et des poèmes, des drames, des livrets (...)
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tout cela va ensemble
20 mai 2014, par M.B.Il y a un point de vue que je n’accepte pas du tout, c’est que le paysage sert de décor à un livre. Les paysages sont « dans le roman » comme les personnages, et au màªme titre. Dire quel est celui qui joue le rà´le passif, le décor, et celui qui joue le rà´le actif, n’a pas de sens pour moi. Tout cela va ensemble. Je dis souvent, et j’ai màªme dà » l’écrire, que dans un roman ce peut àªtre le propos d’un personnage qui fait lever le soleil, ou, inversement, c’est un changement de temps qui, tout d’un coup, (...)
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2 000 mots
21 janvier 2014, par M.B.J’aime bien rédiger dix pages par jour, ce qui équivaut à deux mille mots, soit cent quatre-vingt mille sur une période de trois mois ; cela correspond à une bonne longueur, donne un livre dans lequel le lecteur peut joyeusement s’aventurer, si l’histoire est bien conà§ue et ne perd pas de sa fraîcheur. Certains jours, ces dix pages me viennent avec facilité ; à onze heures et demie, je suis déjà dehors et je fais des courses, gaillard comme un rat dans un fromage. En prenant de l’à¢ge, il m’arrive le (...)
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pas de visage
19 janvier 2014, par M.B.Sous la rubrique « choses qui perdent à àªtre peintes », à cà´té des fleurs de cerisier ou de kerrie, en l’an mil, à Kyà´to, dans le palais de l’impératrice, Sei Shà´nagon note :
« Le visage des hommes ou des femmes dont on vante la beauté dans les romans sans qu’on les voie jamais. »
Gustave Flaubert évoque dans une lettre à Charpentier la beauté fascinante des héros de roman parce qu’ils n’ont pas de visage.
Ce n’est pas qu’on ne les voit pas. C’est qu’on les « voit sans les voir ».
Pascal Quignard, Petits (...) -
ce livre est vivant
7 septembre 2013, par M.B.Ce livre est vivant. Il répugne à se laisser consulter. Il faut àªtre plus fort que lui pour lui arracher ses secrets.
Tant qu’on ne l’a pas dompté, on n’y voit que du rouge. Les caractères noirs ne se montrent que lorsqu’on les y a contraints, en rossant le livre, comme un cheval rétif. On est obligé de se battre avec lui, et la lutte dure parfois des heures entières. On en sort baigné de sueur.
Anatole Le Braz, Légende de la mort en (...) -
rien sous la main que le vide
18 juin 2013, par M.B.Ce qu’on appelle ridiculement le "travail de l’écrivain" est une oisiveté qui confine à la misère. Il n’a pas de bout de couverture, de tricot, à peine d’agitation manuelle. Ce travail n’apaise pas, il ne dirige pas la pensée hors de soi, il ne fournit pas de dérivation à l’animation propre à un corps. Il n’a pas de corps sous la main sur lequel faire passer l’intensité vide qui monte en lui, et qui alors n’a pas d’issue. Le bouc émissaire c’est sa tàªte màªme. (Pas d’os à ronger sinon la fiction si (...)
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