bienvenue dans l’atelier
baliser le chemin jusqu՚au silencene plus faire offrande de tes ruinesacquitter tous tes jugesne plus creuser, descendre
c’est la nuit ràªver qu’encore en terminale, pas assez bossé échouer au bac, reprendre contrà´le et pied dans le temps en pensant au boulot, c’est les trombones et les élastiques qui s’entassent dans le cartable, chaque fois que de la paperasse à distribuer, c’est le cartable qu’il faut renouveler à intervalles réguliers au supermarché, coutures qui[...]
tu dis : « C’est pas si souvent les bouquins où il reste pas de place pour écrire. » tu dis : « Les piles de bouquins ça m’a toujours fait peur : tellement de jours aussi laissés en attente. » tu dis : « Juste un mauvais rêve : que le texte s’efface au fur et à mesure que tu écris dans la marge. » tu dis : « On rigole bien du lecteur qui reprend chaque[...]
ne plus compter sur le contrepoids pour traverser les miroirssérier tes désirs autant que tes difficultésne rien attendre de la nuit ou du plein jourà chaque craquelure ràªver métamorphose
c’est apprendre une inspection prochaine, remplir de la paperasse, retrouver les dates de ce qu’ils appellent carrière, aligner les chiffres d’échelon,de note pédagogique, c’est ouvrir un tiroir qu’on laisse tout le temps bien tranquille, sortir la chemise bleue cartonnée, celle aux diplà´mes, l’étiquette comme sur tes bouquins de classe, blanche[...]
tu dis : « Ce n’est pas passer à côté des jours qui me fait peur, mais demeurer sur le seuil... » tu dis : « Qu’il fasse jour ou pas quand tu te réveilles, c’est pas ça l’important : mais qu’il y ait des sons qui te parviennent du dehors, histoire d’être sûr que ça existe encore le monde autour. » tu dis : « Le matin n’est pas le temps des craintes ;[...]
tu dis : « J’ai appris à aimer la fatigue : sans elle, jamais rien su de l’étoilement des jours, que ça reste possible... » tu dis : « Via la fatigue aussi, la fragmentation des êtres et des jours. » tu dis : « En faire quoi de la matière autour des fragments ?... du remplissage, rien que de la bourre pour donner l’illusion du volume... » tu dis : « [...]
tu dis : « Toute la journée, j’ai cherché dans chaque pièce de la maison, inspecté chaque meuble, chaque recoin : mais pas une seule trace de sang... »
tu dis : « Je m’en doutais. »
tu dis : « C’est la nuit seulement que je l’entends : tombe goutte à goutte. »
tu dis : « Que dans les livres qu’on voit, et dans les rêves... »
tu dis : « Que dans les[...]
d’un monde qu’on dit en transition
dont on se demande s’il ne court pas à sa perte, droit dans le mur, et l’antienne — qui se voulait argument — du demi siècle de paix en Europe prêt à voler en éclats, rêves d’avenir d’un monde vieillissant — s’imaginer grabataire et reclus, en compagnie d’un robot à la voix synthétique — science dont on accède au[...]
c’est tà¢cher de faire un peu de place à la littérature, son questionnement, ne pas se décourager à voir la place qu’elle tient dans les vies qu’on croise, c’est souvent voir les visages se figer dubitatifs devant les textes, la faà§on qu’ont certains de les regarder de biais, ne jamais se placer en face, peut-àªtre dans la crainte de ce qu’ils[...]