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	<title>Michel Brosseau | &#224; chat perch&#233;</title>
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		<title>76</title>
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		<dc:date>2015-11-20T08:18:53Z</dc:date>
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		<dc:creator>M.B.</dc:creator>


		<dc:subject>fiction</dc:subject>
		<dc:subject>morts</dc:subject>
		<dc:subject>fantastique</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Je me souviens de mes jambes qui pendaient &#224; l'arri&#232;re de la deux-chevaux du grand-oncle. L'apr&#232;s-midi, au retour, dans la GS de mes parents, de la sueur qui coulait &#224; l'arri&#232;re des genoux. Je ne portais ni short ni bermuda : j'&#233;tais en culotte courte. M&#224;&#170;me les mots se soumettent au temps. Nous &#233;tions partis t&#224;&#180;t pour profiter de la fra&#238;cheur du matin. J'avais dix ans et je d&#233;couvrais la canicule. Arriv&#233;s dans la cour de la ferme, le chien qui tire sur sa cha&#238;ne, se dresse sur ses pattes arri&#232;re. On (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Je me souviens de mes jambes qui pendaient &#224; l'arri&#232;re de la deux-chevaux du grand-oncle. L'apr&#232;s-midi, au retour, dans la GS de mes parents, de la sueur qui coulait &#224; l'arri&#232;re des genoux. Je ne portais ni short ni bermuda : j'&#233;tais en culotte courte. M&#224;&#170;me les mots se soumettent au temps. Nous &#233;tions partis t&#224;&#180;t pour profiter de la fra&#238;cheur du matin. J'avais dix ans et je d&#233;couvrais la canicule.&lt;br class='autobr' /&gt;
Arriv&#233;s dans la cour de la ferme, le chien qui tire sur sa cha&#238;ne, se dresse sur ses pattes arri&#232;re. On s'approche de la niche. Mon p&#232;re et son oncle me disent qu'il n'est pas m&#233;chant. Attach&#233; mais pas m&#233;chant. C'est pour pas qu'il se sauve. Une main dans le dos qui me pousse. Mon corps aussit&#224;&#180;t raidi. Peur irraisonn&#233;e du chien, de sa morsure. Mon p&#232;re regarde son oncle, hausse les &#233;paules.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ma grand-tante traverse la cour, en blouse de nylon &#224; fleurs, un chapeau &#224; la main. &#171; Qu'il aille pas attraper du mal ! &#187; Elle me coiffe. Le chapeau est trop grand. Me l'incline sur la nuque. Sa main caresse ma joue. Elle me compare &#224; un ange.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je suis les deux hommes &#224; l'&#233;curie, coll&#233; &#224; mon p&#232;re comme son ombre. Ils d&#233;tachent la jument, la sortent. Le bruit des sabots heurtant le sol. Un bruit qui parvient du pass&#233;. On l'am&#232;ne pr&#232;s d'une charrette. La jument qui recule dans les brancards. Les r&#224;&#170;nes qu'on installe.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je me souviens d'avoir tenu le cuir des r&#224;&#170;nes entre mes doigts, la main de mon grand-oncle entourant mes poignets d'enfant maigre. C'&#233;tait pour la derni&#232;re charret&#233;e. Le soleil &#233;tait haut. Il y avait l'odeur du foin. Et le myst&#232;re de comment &#224;&#167;a tenait derri&#232;re, cette masse de brins d'herbe qui ne demandaient qu'&#224; s'envoler.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le pr&#233; n'&#233;tait pas loin. Il portait un nom qui se d&#233;robe &#224; mon souvenir. Cette impression dans les r&#224;&#170;ves que tout alors pourrait s'&#233;clairer. Pendant les lectures aussi. Ou m&#224;&#170;me dans la vie. Que revienne un nom, un mot, et tout s'&#233;claire. Il me reste le nom de la ferme : la Simoni&#232;re. Souvenir du panneau rectangulaire au bout du chemin. &#224;&#8240;tait-ce la grande ou la petite Simoni&#232;re ? Je me souviens du trouble, enfant, &#224; l'&#233;vocation de ces m&#233;tairies aux noms et b&#224;&#162;timents identiques, diff&#233;renci&#233;es d'un seul adjectif. Sans doute parce qu'un seul et m&#224;&#170;me propri&#233;taire. Mais cette impression persistante d'une r&#233;alit&#233; double ou en miroir.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je me souviens de l'ombre du chemin creux, de sa presque fra&#238;cheur. Puis, brutal, le grand soleil du pr&#233;. La m&#233;moire et le r&#224;&#170;ve offre de ces encha&#238;nements tout en contraste. &lt;br class='autobr' /&gt;
Je me souviens des chemises d&#233;boutonn&#233;es de mon p&#232;re et de son oncle, ouvertes sur des maillots de corps blancs. De leurs gestes r&#233;p&#233;t&#233;s en rythme : piquer la fourche, projeter. M&#233;caniques. Je me souviens de mon grand-oncle faisant avancer la jument. L'essieu qui grince, les mouches qui volent autour de la t&#224;&#170;te de l'animal, sa queue qui fouette l'air.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je me souviens, dans la grange, de mon p&#232;re sur la charrette, debout sur le tas mouvant. Jetant le foin &#224; bas, son oncle organisant la meule. C'&#233;tait d&#233;faire et reconstruire. Je me souviens de l'odeur trop forte, de la poussi&#232;re, des d&#233;mangeaisons aux bras et aux jambes. Ils parlaient peu, sinon pour dire que le foin &#233;tait bien sec. Je me souviens d'une expression dans la bouche de mon p&#232;re : le foin avait jet&#233; son feu.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je me souviens d'avoir travers&#233; la cour avec eux pour aller boire un coup &#224; la cuisine. Pour aller dans la maison, nous sommes pass&#233;s pr&#232;s du chien qui tirait sur sa cha&#238;ne en geignant. Son museau humide m'avait fr&#224;&#180;l&#233; la main. La porte d'entr&#233;e &#233;tait entrouverte. On entendait un transistor &#224; l'int&#233;rieur, une chanson de Claude Fran&#224;&#167;ois. Aucun de nous trois n'aurait su situer Alexandrie.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous avons p&#233;n&#233;tr&#233; dans la cuisine. Je me souviens de la machine &#224; laver en marche, son ronronnement, le linge qui tournait derri&#232;re le hublot. Dans la grande pi&#232;ce &#224; c&#224;&#180;t&#233;, des voix &#224; la radio. Je me souviens des trois verres &lt;i&gt;Duralex&lt;/i&gt; sur la table de formica bleu. Mon reflet dans le tube inox qui servait de pied &#224; la table. Miroir d&#233;formant. Mon p&#232;re et son oncle eux aussi rest&#233;s debout. Verre de blanc bu d'un trait. Je me souviens de leur geste en deux temps : revers de main pass&#233; sur les l&#232;vres, puis essuy&#233; au pantalon. Je me souviens de la main de mon p&#232;re tendue au-dessus de mon verre, le grand-oncle qui s'appr&#224;&#170;tait &#224; me servir un second verre de jus de pomme. &#171; Il en reboira tout &#224; l'heure ! &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
D'ordinaire, nous nous installions dans la grande pi&#232;ce, assis autour de la table. Le dimanche apr&#232;s-midi. On y venait peu souvent. Mais au moins une fois l'an acheter du grain pour les poules. Nous montions au grenier situ&#233; au-dessus de la grande pi&#232;ce. Un &#224; un les barreaux de l'&#233;chelle de meunier. Il y avait toujours un adulte derri&#232;re moi. Son corps qui par s&#233;curit&#233; me recouvre. &lt;br class='autobr' /&gt;
Je me souviens du tas de grain sur le plancher en bois. M&#233;teil, un m&#233;lange de bl&#233; et de seigle. Mon grand-oncle se servait d'une pelle pour charger un sac de jute. Mon p&#232;re le maintenait ouvert. L&#224; aussi, poussi&#232;re. &lt;br class='autobr' /&gt;
Je me souviens de la balance romaine. Mon p&#232;re prenait de quoi remplir deux lessiveuses qui &#233;taient au sous-sol. Une bo&#238;te de conserve vide pour aller nourrir les poules. Les objets eux aussi survivent tant bien que mal.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je revois mon p&#232;re pla&#224;&#167;ant le sac sur son &#233;paule. Courb&#233; sous le poids, allant &#224; reculons vers le rectangle de la porte, ouverte sur le vide. Mon p&#232;re alors retrouvait les gestes d'avant l'usine, d'avant le renoncement &#224; la terre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je me souviens d'avoir &#233;t&#233; malade, une fois, au retour d'acheter du grain. Trop de verres de jus de pomme vers&#233;s par le grand-oncle, trop de petits g&#224;&#162;teaux napp&#233;s de chocolat offerts par la grand-tante. &#171; C'est pas &#224;&#167;a qui peut y faire du mal ! &#187; Mon p&#232;re avait tent&#233; de m'expliquer. Cet enfant que son oncle et sa tante avaient perdu. Que forc&#233;ment je leur faisais penser &#224; leur &#171; p'tchi g&#224;&#162; &#187;. Pas m&#224;&#170;me un pr&#233;nom prononc&#233;. Je me souviens de la r&#233;flexion de ma m&#232;re : &#171; C'est pas en parler qui le fera revenir... &#187; Ce n'est qu'il y a peu, repensant &#224; cette journ&#233;e, que son double sens s'est d&#233;voil&#233; : ce n'est pas en parler qui le fera revenir / c'est ne pas en parler qui le fera revenir. Il suffisait d'une faille syntaxique pour qu'une autre, beaucoup plus redoutable, vienne l&#233;zarder l'ordre du monde. Offre un passage d'un monde &#224; l'autre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je me souviens des trois verres rinc&#233;s au robinet de l'&#233;vier, pos&#233;s &#224; l'envers sur les carreaux blancs. Ils voulaient avoir termin&#233; de rentrer le foin avant le repas de midi. Ma m&#232;re nous rejoindrait en voiture. Je revois la grand-tante enter dans la cuisine quand nous en sortions, tenant par les pattes arri&#232;re un lapin fra&#238;chement d&#233;pouill&#233;, t&#224;&#170;te encore sanguinolente. Quelques gouttes de sang sur la terre battue de la cour.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je me souviens du dernier tour, des r&#224;&#170;nes tenues en main et du d&#233;chargement dans la grange. Le tas qui avait mont&#233; au fur et &#224; mesure de la matin&#233;e, jusqu'&#224; envahir tout l'espace.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je me souviens de la GS dans la cour, signifiant que ma m&#232;re &#233;tait arriv&#233;e. Je me souviens de mon p&#232;re me prenant sous les aisselles avant d'entrer dans la maison. Me soulevant pour que je voie le goret. La derni&#232;re b&#224;&#170;te qui restait avec les poules et les lapins. Un camion &#233;tait d&#233;j&#224; venu chercher vaches et g&#233;nisses. Pour le march&#233; du lundi. Je me souviens du silence entrecoup&#233; des grognements du cochon, d&#233;vorant ses patates dans son auge en ciment. Il ne s'&#233;tait trouv&#233; personne pour reprendre la jument. &#171; Que veux-tu, c'est comme &#224;&#167;a ! &#187; Mon p&#232;re avait fini par m'asseoir sur le muret, jambes pendant dans le vide. Son oncle lui avait conseill&#233; en plaisantant de bien me tenir. Le goret n'en aurait pas pour longtemps. De la viande tendre comme &#224;&#167;a ! Je me souviens de la pression de son pouce et de son index sur mon mollet nu.&lt;br class='autobr' /&gt;
Apr&#232;s, nous nous sommes pass&#233;s un coup d'eau sur le visage &#224; l'&#233;vier de la cuisine. &#224;&#8364; cause de la poussi&#232;re. Je me souviens de l'odeur de sueur des corps adultes. Des voix des femmes dans la pi&#232;ce &#224; c&#224;&#180;t&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il faisait sombre dans la grande pi&#232;ce. Seul un rai de lumi&#232;re passait par la jointure des volets ferm&#233;s. Je me souviens du rectangle allong&#233; de la pi&#232;ce. Et de la table longue. Six chaises autour, espac&#233;es large. Je me souviens de la lucarne ouverte dans le mur du fond. De la toile cir&#233;e o&#249;, d'un carr&#233; l'autre, des canards s'envolent et un chasseur vise, fusil lev&#233;. Un magazine t&#233;l&#233; &#233;tait pos&#233; sur la table. Aupr&#232;s, un bo&#238;tier &#224; lunettes.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai racont&#233; &#224; ma m&#232;re avoir conduit la charrette. Quand j'ai eu fini, j'ai entendu mon grand-oncle qui expliquait &#224; mon p&#232;re qu'un humain c'est comme une b&#224;&#170;te : celui qui sait s'y prendre... Mais encore fallait-il savoir !&lt;br class='autobr' /&gt;
Je me souviens que mon grand-oncle et sa femme m'ont propos&#233; de regarder la t&#233;l&#233;. Qu'ils l'ont allum&#233; malgr&#233; les protestations de mes parents. Sur l'&#233;cran le g&#233;n&#233;rique d'une s&#233;rie am&#233;ricaine, &#171; Les Jours heureux &#187;. Avec Bill Haley en guise d'illustration sonore : Rock around the clock. &#171; &#224;&#8225;a leur pla&#238;t, aux gamins, ces machins-l&#224; ... &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai regard&#233; la t&#233;l&#233;, assis &#224; la table, mon verre de jus de pomme &#224; port&#233;e de main. Mon p&#232;re et son oncle terminaient la fillette de blanc. Ma grand-tante s'affairait en cuisine, ma m&#232;re mettait la table. Les images s'encha&#238;naient sur l'&#233;cran sans que je parvienne &#224; fixer mon attention. J'avais envie de pisser. Ma m&#232;re m'a indiqu&#233; la derni&#232;re porte au fond du couloir. Elle a insist&#233; : la derni&#232;re. Je revois la porte qui m&#232;ne aux chambres. Je ne l'avais jamais franchie jusqu'alors. Toujours des visites br&#232;ves, deux heures au plus. &#224;&#8225;a pouvait toujours attendre d'&#224;&#170;tre rentr&#233;s &#224; la maison.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je me suis engag&#233; dans le couloir, ai consciencieusement compt&#233; les portes. La deuxi&#232;me, entrouverte, battait dans un courant d'air. Je revois l'image fugitive d'un berceau. Je me souviens avoir acc&#233;l&#233;r&#233; le pas pour vite atteindre la derni&#232;re porte. Une salle de bains minuscule o&#249; s'entassaient douche, WC et lavabo. Je me suis lav&#233; les mains. En voyant mon reflet dans la glace, j'ai eu peur de voir quelqu'un surgir derri&#232;re moi.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je me souviens avoir r&#233;sist&#233; &#224; l'envie de courir. Et avoir sursaut&#233; &#224; la vue de ma grand-tante qui refermait la porte qui battait &#224; l'aller. Dans la grande pi&#232;ce, tous les adultes &#233;taient d'accord : il valait mieux fermer les fen&#224;&#170;tres, se calfeutrer plut&#224;&#180;t que laisser entrer la chaleur. Ma m&#232;re m'a demand&#233; si j'&#233;tais malade. Elle me trouvait p&#224;&#162;le. J'avais peut-&#224;&#170;tre besoin de boire avec cette chaleur. Mon grand-oncle dirigeait la bouteille vers mon verre quand celui-ci est tomb&#233; sur le carrelage. Je me souviens des &#233;clats de verre au sol diffract&#233;s par les pleurs. Sur le fond &#233;pais rest&#233; intact, cette formule qu'un jour je comprendrais : &lt;i&gt;dura lex sed lex&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>vers le fantastique | proposition 8, par le trou de la serrure</title>
		<link>https://www.xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?article737</link>
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		<dc:subject>Fran&#231;ois Bon</dc:subject>
		<dc:subject>contraintes</dc:subject>
		<dc:subject>fantastique</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Fran&#231;ois Bon a propos&#233; un atelier d'&#233;t&#233;, vers le fantastique. Proposition 8, par le trou de la serrure, en un seul paragraphe formant bloc. &lt;br class='autobr' /&gt;
15. Le cuir des r&#234;nes entre mes doigts &#8211; soleil haut &#8211; sa main entoure mes poignets d'enfant maigre. Pour la derni&#232;re charret&#233;e. L'odeur du foin. Et le myst&#232;re de comment &#231;a tient derri&#232;re, cette masse qui ne demande qu'&#224; s'envoler. 28. La porte est entrouverte &#8211; on entend un transistor &#224; l'int&#233;rieur, une chanson de Claude Fran&#231;ois. Personne ici ne saurait situer (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Fran&#231;ois Bon a propos&#233; un atelier d'&#233;t&#233;, &lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article4182&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;&lt;i&gt;vers le fantastique&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;. &lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article4240&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Proposition 8, par le trou de la serrure&lt;/a&gt;, en un seul paragraphe formant bloc.&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;p&gt;15. Le cuir des r&#234;nes entre mes doigts &#8211; soleil haut &#8211; sa main entoure mes poignets d'enfant maigre. Pour la derni&#232;re charret&#233;e. L'odeur du foin. Et le myst&#232;re de comment &#231;a tient derri&#232;re, cette masse qui ne demande qu'&#224; s'envoler. 28. La porte est entrouverte &#8211; on entend un transistor &#224; l'int&#233;rieur, une chanson de Claude Fran&#231;ois. Personne ici ne saurait situer Alexandrie. 4. Le chien tire sur sa cha&#238;ne, se dresse sur ses pattes arri&#232;res. Il n'est pas m&#233;chant. Attach&#233; mais pas m&#233;chant. C'est pour pas qu'il se sauve. La main dans le dos qui me pousse. Je pars un peu plus loin en pleurant. La deux chevaux dans un coin de la cour vide. 16. Le pr&#233; n'est pas loin. Il porte un nom qui se d&#233;robe au souvenir. Cette impression dans les r&#234;ves que tout alors pourrait s'&#233;clairer. Quand tu lis aussi. Ou dans ta vie. Que revienne un nom et tout s'&#233;claire. 75. Rai de lumi&#232;re qui passe par la jointure des volets ferm&#233;s. Il fait sombre dans la grande pi&#232;ce. L'odeur de sueur des corps adultes. Se passer un coup d'eau &#224; cause de la poussi&#232;re. C'est plein de poussi&#232;re le foin. Les b&#234;tes pourtant en mangent. 48. Grognements derri&#232;re un muret. Mon p&#232;re me prend sous les aisselles, me soul&#232;ve que je vois le goret. Derni&#232;re b&#234;te qui reste avec les poules et les lapins. Un camion est d&#233;j&#224; venu chercher vaches et g&#233;nisses. Pour le march&#233; du lundi. 82. Gros plant qui coule dans les verres. Jus de pomme. Tout a une fin. C'est toujours plus vite venu qu'on croit. Verres Duralex qui s'entrechoquent. 18. Ombre du chemin creux. Presque fra&#238;cheur. Grand soleil du pr&#233;. 50. Personne pour reprendre la jument. Que veux-tu c'est comme &#231;a. 80. C'est comme un humain une b&#234;te. Celui qui sait s'y prendre... Encore faut-y savoir !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>des hommes en noir</title>
		<link>https://www.xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?article716</link>
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		<dc:creator>M.B.</dc:creator>


		<dc:subject>bref</dc:subject>
		<dc:subject>fiction</dc:subject>
		<dc:subject>ville</dc:subject>
		<dc:subject>quotidien</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Compter les hommes en noir. Parce que l'impression que plus nombreux. Ou est-ce d'avoir si longtemps &#233;t&#233; &#233;loign&#233; de la ville ? Leur pr&#233;sence autour de la gare et dans le centre. Marchant en groupe ou seul. Avec ou sans valise. Rare qu'ils n'aient pas au moins un sac en bandouli&#232;re. Leur pas press&#233;. Ou r&#233;unis au bas d'un immeuble, le temps d'un caf&#233;, d'une cigarette. Ils parlent de quoi ? Impossible de s'arr&#224;&#170;ter ou de les suivre. Ces types semblent trop en prise avec le monde. Convaincus que leur chose. Les (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&#034;MsoNormal&#034; style=&#034;text-justify: inter-ideograph; margin: 0cm 0cm 0pt; line-height: normal; text-align: justify; mso-pagination: none; mso-layout-grid-align: none&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-size: medium&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-family: Arial&#034;&gt;&lt;span style=&#034;mso-bidi-font-weight: bold&#034;&gt;Compter les hommes en noir. Parce que l'impression que plus nombreux. Ou est-ce d'avoir si longtemps &#233;t&#233; &#233;loign&#233; de la ville ? Leur pr&#233;sence autour de la gare et dans le centre. Marchant en groupe ou seul. Avec ou sans valise. Rare qu'ils n'aient pas au moins un sac en bandouli&#232;re. Leur pas press&#233;. Ou r&#233;unis au bas d'un immeuble, le temps d'un caf&#233;, d'une cigarette. Ils parlent de quoi ? Impossible de s'arr&#224;&#170;ter ou de les suivre. Ces types semblent trop en prise avec le monde. Convaincus que leur chose. Les mots terribles qu&#1370;ils utilisent, chaque matin les entendre &#224; la radio, les lire &#224; l'&#233;cran. &#224;&#8364; noter le contraste chaque fois qu'une femme avec eux. Pas simplement parce qu'un peu de couleur. Mais perch&#233;e sur talons. Pas que les rapetissent, mais comme fa&#224;&#167;on de souligner la rigidit&#233; de leurs &#233;paules, silhouettes de qui marche droit et d&#233;cid&#233;. Tout faire pour ne jamais avoir &#224; faire avec eux. Signal de la fin &#224; coup s&#224; &#187;r.Pour le moins d'un danger imminent. D'une fracture par laquelle ils seraient capables de s'immiscer. Prendre contr&#224;&#180;le. D'autant plus effrayants.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&#034;font-size: 12pt; font-family: &#034;Times New Roman&#034;,&#034;serif&#034;; mso-bidi-font-weight: bold&#034;&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>un glissement</title>
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		<dc:date>2015-01-23T10:31:58Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>M.B.</dc:creator>


		<dc:subject>fantastique</dc:subject>
		<dc:subject>corps</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;J&#1370;aurais du mal &#224; dater. &#224;&#8225;a s&#1370;est fait progressivement. Sans que je m&#1370;en rende compte, ce serait exag&#233;rer. Sans que je r&#233;agisse conviendrait mieux. Un glissement. Je n&#1370;ai m&#224;&#170;me pas cherch&#233; &#224; donner des justifications. Personne m&#1370;a fait de remarques, de toute fa&#224;&#167;on. J&#1370;ai pas eu &#224; me d&#233;fendre. Personne pour me demander pourquoi. Pourtant &#224;&#167;a se voyait grave. Je me serais ras&#233; le cr&#224;&#162;ne on m&#1370;en aurait sans doute parl&#233; davantage. Mais l&#224; , rien. Pas la moindre r&#233;flexion. M&#224;&#170;me de la part des proches. Sans doute (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&#034;MsoNormal&#034; style=&#034;text-justify: inter-ideograph; margin: 0cm 0cm 0pt; line-height: normal; text-align: justify; mso-pagination: none; mso-layout-grid-align: none&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-size: medium&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-family: Arial&#034;&gt;&lt;span style=&#034;mso-bidi-font-weight: bold&#034;&gt;J&#1370;aurais du mal &#224; dater. &#224;&#8225;a s&#1370;est fait progressivement. Sans que je m&#1370;en rende compte, ce serait exag&#233;rer. Sans que je r&#233;agisse conviendrait mieux. Un glissement. Je n&#1370;ai m&#224;&#170;me pas cherch&#233; &#224; donner des justifications. Personne m&#1370;a fait de remarques, de toute fa&#224;&#167;on. J&#1370;ai pas eu &#224; me d&#233;fendre. Personne pour me demander pourquoi. Pourtant &#224;&#167;a se voyait grave. Je me serais ras&#233; le cr&#224;&#162;ne on m&#1370;en aurait sans doute parl&#233; davantage. Mais l&#224; , rien. Pas la moindre r&#233;flexion. M&#224;&#170;me de la part des proches. Sans doute &#224;&#167;a qui m&#1370;a le plus &#233;tonn&#233;. Pourtant, quand j&#1370;avais revendu toute ma collection de vinyles, le cirque qu&#1370;ils m&#1370;avaient fait. Que je pouvais pas me s&#233;parer d&#1370;une partie de moi-m&#224;&#170;me. Que j&#1370;allais le regretter. Qu&#1370;il ne fallait jamais monnayer ses go&#224; &#187;ts ni son pass&#233;. Ils en avaient des arguments. Ils m&#1370;en voulaient du bien ! Mais ce coup-ci, silence radio. Non pas qu&#1370;ils soient devenus indiff&#233;rents. Je pense pas. Toujours les m&#224;&#170;mes liens entre nous. C&#1370;est diff&#233;rent comme choix, c&#1370;est tout. Et puis sans doute que si j&#1370;avais arr&#224;&#170;t&#233; d&#1370;un coup, l&#224; ils se seraient inqui&#233;t&#233;s. En fait, au d&#233;but, j&#1370;ai adopt&#233; le m&#224;&#170;me rythme que pour le rasage : deux fois la semaine. Je me disais que &#224;&#167;a suffisait. Que plus, c&#1370;&#233;tait de la maniaquerie. J&#1370;&#233;tais sinc&#232;re ! Il fallait juste que j&#1370;y passe un peu plus de temps que si je l&#1370;avais fait tous les jours. C&#1370;&#233;tait un peu plus difficile. Un peu plus douloureux aussi. Comme pour la barbe, quoi ! Je g&#233;rais. Apr&#232;s tout, &#224;&#167;a regardait que moi. Espacer davantage, je l&#1370;ai fait sans m&#1370;en rendre compte. La flemme&#8230; D&#1370;autres trucs &#224; faire. C&#1370;est pas ce qui manque, des trucs plus int&#233;ressants. Alors, de fil en aiguille, c&#1370;est devenu de plus en plus gal&#232;re. De plus en dur. Une question d&#1370;&#233;paisseur. La pierre ponce suffisait plus. &#224;&#8364; la lime, c&#1370;&#233;tait encore jouable. Mais tellement long. Et puis il y avait les d&#233;chets. J&#1370;en mettais partout dans la salle de bains. &#224;&#8225;a a jou&#233; un r&#224;&#180;le important, tous ces tas de rognures. Rien de bien rago&#224; &#187;tant ! Alors, au bout d&#1370;un moment, je me suis dit &#171; laisse tomber ! &#187;. Bien s&#224; &#187;r, c&#1370;est un peu lourd &#224; porter. Au d&#233;but, tu t&#1370;en rends pas trop compte. Mais une fois que &#224;&#167;a a vraiment bien pouss&#233;&#8230; Maintenant, je marche &#224; mon rythme, tranquille ! Faut s&#1370;adapter, c&#1370;est tout. Pour la literie, tu prends du costaud, qui r&#233;siste &#224; ton poids&#8230; Pour la bouffe aussi, c&#1370;est mieux de faire gaffe. De pas exag&#233;rer sur tout ce qui favorise la k&#233;ratine. Une fois que tu le sais, tu t&#1370;adaptes. Et puis apr&#232;s tout, c&#1370;est la nature. Y a un truc qui m&#1370;a vachement marqu&#233;. Comme quoi y avait pas &#224; s&#1370;excuser d&#1370;&#224;&#170;tre ce qu&#1370;on &#233;tait. C&#1370;&#233;tait une vid&#233;o sur You Tube. Un truc qu'a fait du bien &#224; plein de gens. Quand tu vois le nombre de &lt;i&gt;like&lt;/i&gt; ! Parce que je suis pas le seul. Loin de l&#224; ! Il para&#238;t qu'on est de plus en plus nombreux, m&#224;&#170;me ! Ils commencent &#224; en causer dans les journaux et tout. Le mec qui l&#1370;avait post&#233;e la vid&#233;o, il disait comme &#224;&#167;a que rogner c&#1370;&#233;tait se renier. Il a tout pig&#233;, le lascar ! T&#1370;es n&#233; avec une carapace, tu fais avec, point barre !&#8230;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&#034;font-size: 12pt; font-family: &#034;Times New Roman&#034;,&#034;serif&#034;; mso-bidi-font-weight: bold&#034;&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>pr&#233;mices d'une guerre</title>
		<link>https://www.xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?article671</link>
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		<dc:date>2014-10-13T09:58:57Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>M.B.</dc:creator>


		<dc:subject>quotidien</dc:subject>
		<dc:subject>guerre</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;apr&#232;s avoir d&#233;but&#233; la lecture de l'anthologie d'Antoine Compagnon sur les &#233;crivains et la guerre de 14 &lt;br class='autobr' /&gt;
pr&#233;mices d'une guerre #1 pr&#233;mices d'une guerre #2 &lt;br class='autobr' /&gt;
13/10/14 (matin) les distributeurs de billets &#233;taient vides, les r&#233;seaux t&#233;l&#233;phoniques satur&#233;s, certains titres de presse avaient compar&#233; la situation &#224; celle d'une nuit de la Saint-Sylvestre, certains en avaient &#233;t&#233; choqu&#233;s, la pol&#233;mique avait enfl&#233;, et avait cess&#233; comme elle &#233;tait n&#233;e, au bout de quelques jours, plusieurs r&#233;seaux sociaux avaient envisag&#233; de (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?rubrique9" rel="directory"&gt;fictions&lt;/a&gt;

/ 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;apr&#232;s avoir d&#233;but&#233; la lecture de l'anthologie d'Antoine Compagnon sur les &#233;crivains et la guerre de 14&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://www.xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?article671#un_ancre' class='spip_in'&gt;pr&#233;mices d'une guerre #1&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href='https://www.xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?article671#deux_ancre' class='spip_in'&gt;pr&#233;mices d'une guerre #2&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;13/10/14&lt;br class='autobr' /&gt;
(matin)&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a name=&#034;un_ancre&#034;&gt;&lt;/a&gt;les distributeurs de billets &#233;taient vides, les r&#233;seaux t&#233;l&#233;phoniques satur&#233;s, certains titres de presse avaient compar&#233; la situation &#224; celle d'une nuit de la Saint-Sylvestre, certains en avaient &#233;t&#233; choqu&#233;s, la pol&#233;mique avait enfl&#233;, et avait cess&#233; comme elle &#233;tait n&#233;e, au bout de quelques jours, plusieurs r&#233;seaux sociaux avaient envisag&#233; de cesser leurs activit&#233;s, l'avaient laiss&#233; entendre, mais finalement avaient poursuivi, comme avant ou presque, une diff&#233;rence notable pour les jeunes hommes appel&#233;s au combat, &#233;taient les publicit&#233;s qui s'affichaient sur leurs comptes, duvet, chaussures de marches, lampes, et tout un tas d'accessoires de camping, on disait que le mat&#233;riel de l'arm&#233;e &#233;tait peu r&#233;sistant, de mauvaise qualit&#233;, plusieurs militaires avaient &#233;t&#233; condamn&#233;s pour propagation d'informations visant &#224; d&#233;truire le moral des conscrits, le mot avait refait surface, on pol&#233;miquait sur le niveau moyen de formation, l'acceptation de la part de gens instruits d'aller ainsi se battre, personne n'osait dire que les peuples ne d&#233;cidaient jamais des guerres, on pr&#233;f&#233;rait parler de d&#233;fense de la libert&#233;, d&#233;fense des valeurs, on ne traitait pas encore les autres de barbares, on disait seulement d&#233;fendre la civilisation, sur les plateaux t&#233;l&#233;, on refusait l'expression choc des civilisations parce qu'on le disait trop empreint d'id&#233;ologie, laquelle on ne pr&#233;cisait jamais, on accusait l'ennemi d'actes de barbarie, on parlait de pratiques archa&#224;&#175;ques, on aimait brandir le terme de nations, unies de surcro&#238;t, face &#224; des groupes terroristes, dont les int&#233;r&#224;&#170;ts se confondaient souvent avec ceux de groupes mafieux, dont les rivalit&#233;s trouvaient leurs sources dans de lointaines oppositions tribales, beaucoup partaient vers les casernes avec plusieurs t&#233;l&#233;phones portables, le bruit courait qu'on les confisquait, beaucoup les dissimulait dans leur duvet, ou dans la doublure d'une parka, les magasins de sport n'arrivaient plus &#224; r&#233;approvisionner leurs rayons de nourriture lyophilis&#233;e, le ciel &#233;tait satur&#233; de gros porteurs, sur les r&#233;seaux sociaux les vid&#233;os de chatons avaient &#233;t&#233; remplac&#233;es par des clips &#233;manant du minist&#232;re de l'Int&#233;rieur concernant qu'on appelait l'ennemi interne, on donnait les signes de reconnaissance permettant de l'identifier, fleurissaient aussi des slogans condamnant le d&#233;faitisme, notamment de ceux qu'on appelait intellos b&#224;&#170;lants, dans les premi&#232;res heures de la d&#233;claration d'entr&#233;e en guerre, on avait vu dans les rues des visages peints des trois couleurs du drapeau, comme certains soirs de coupe du monde, un embouteillage &#233;norme de voitures klaxonnant s'&#233;tait form&#233; sur les Champs &#224;&#8240;lys&#233;es et dans diff&#233;rentes m&#233;tropoles fran&#224;&#167;aises, les journaux t&#233;l&#233; de 20 heures s'&#233;taient vant&#233;s d'avoir obtenu l'exclusivit&#233; de reportages, tous concernaient les pr&#233;paratifs de d&#233;part aux arm&#233;es de footballeurs,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;13/10/14&lt;br class='autobr' /&gt;
(apr&#232;s-midi)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a name=&#034;deux_ancre&#034;&gt;&lt;/a&gt;sur le mod&#232;le du Youporn &#233;tait n&#233; un Youfight, on parlait de sites web bravant la censure, o&#249; muni d'un code et d'un identifiant on avait acc&#232;s &#224; la v&#233;rit&#233; quant au front, quelques num&#233;ros de t&#233;l&#233;phone avaient circul&#233;, qui, sollicit&#233;s par un texto, vous donnaient les derni&#232;res infos sur tel ou tel point, ou m&#224;&#170;me la position exacte et l'&#233;tat de sant&#233; de vos proches sur le front, les acad&#233;miciens avaient organis&#233; une c&#233;r&#233;monie exceptionnelle de soutien aux &#233;crivains envoy&#233;s au combat, on &#233;voquait la possibilit&#233; d'une anthologie dans la Pl&#233;iade des &#233;crivains morts pour la libert&#233;, c'&#233;tait, alternativement, pour la libert&#233; que l'on mourait, ou pour la civilisation, pour nos valeurs, parfois pour les droits de l'homme, mais cette expression semblait us&#233;e, comme la qualifiait nombre de commentateurs politiques, des penseurs &#224; initiales apparaissaient en tenue de combat sur les &#233;crans t&#233;l&#233;, souvent film&#233;s sur des pistes d'a&#233;roport, JK Rowling aurait c&#233;d&#233; ses droits pour une &#233;dition sp&#233;ciale distribu&#233;e gratuitement aux soldats, l'acteur incarnant Harry se serait enfui sans laisser d'adresse plusieurs semaines avant le d&#233;but du conflit, on parle d'un pays d'Am&#233;rique du sud complaisant, ou d'une &#238;le du Pacifique, certains n'ont pas manqu&#233; d'y voir un signe de d&#233;faite, extrapolant sur l'in&#233;vitable victoire du Mal, le pape, dont on conna&#238;t la carri&#232;re chez les J&#233;suites, a d&#233;clar&#233; la guerre effroyable mais n&#233;cessaire, quelques dirigeants du mouvement &#233;cologiste europ&#233;en voudraient voir dans cette guerre un fl&#233;au salvateur, susceptible de nous faire abandonner le recours syst&#233;matique aux &#233;nergies fossiles, apr&#232;s les stations-services des supermarch&#233;s ferm&#233;es les unes apr&#232;s les autres, puis la protection des raffineries par la troupe, on ne compte plus les v&#233;hicules abandonn&#233;s le long des routes et autoroutes, on signale le cas de camions transform&#233;s en habitation par des populations migrantes, l'architecte du mur qui, &#224; San Diego, se poursuit jusque dans la mer, aurait &#233;t&#233; contact&#233; par les maires de plusieurs villes de la c&#224;&#180;te m&#233;diterran&#233;enne, l'expression : sans cynisme aucun, conna&#238;t un grand succ&#232;s lorsqu'on &#233;voque la baisse du ch&#224;&#180;mage, depuis que plusieurs m&#233;diath&#232;ques avaient retir&#233; l'ouvrage de leurs rayons, arguant du n&#233;cessaire d&#233;sherbage annuel, circulait sous le manteau une &#233;dition num&#233;rique du &lt;i&gt;Rivage des Syrtes&lt;/i&gt;,&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>sosies</title>
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		<dc:date>2014-10-12T15:27:50Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>M.B.</dc:creator>


		<dc:subject>&#233;crire</dc:subject>
		<dc:subject>C&#233;line</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#224;&#8225;a avait commenc&#233; comme une plaisanterie. Le gars faisait le tour des salons du livre, son Pl&#233;iade sous le bras. Le dos vo&#224; &#187;t&#233; comme le Destouches des derni&#232;res ann&#233;es, et m&#224;&#170;me empilement de gilets rapi&#233;c&#233;s. Il allait de stand en stand, apostrophait les exposants. D'ind&#233;niables talents de com&#233;dien. Gesticulation du bras, effet de m&#232;che, tout y &#233;tait. Jusqu'au discours ponctu&#233; de n'est-ce pas en rafales. Pour l'essentiel, quelques tirades extraites des rares interviews donn&#233;s &#224; la t&#233;l&#233;. Est-ce lui qui a eu (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?rubrique9" rel="directory"&gt;fictions&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?mot170" rel="tag"&gt;C&#233;line&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&#034;MsoNormal&#034; style=&#034;text-justify: inter-ideograph; margin: 0cm 0cm 0pt; line-height: normal; text-align: justify; mso-pagination: none; mso-layout-grid-align: none&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-size: medium&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-family: Arial&#034;&gt;&lt;span style=&#034;mso-bidi-font-weight: bold&#034;&gt;&#224;&#8225;a avait commenc&#233; comme une plaisanterie. Le gars faisait le tour des salons du livre, son Pl&#233;iade sous le bras. Le dos vo&#224; &#187;t&#233; comme le Destouches des derni&#232;res ann&#233;es, et m&#224;&#170;me empilement de gilets rapi&#233;c&#233;s. Il allait de stand en stand, apostrophait les exposants. D'ind&#233;niables talents de com&#233;dien. Gesticulation du bras, effet de m&#232;che, tout y &#233;tait. Jusqu'au discours ponctu&#233; de &lt;i&gt;n'est-ce pas&lt;/i&gt; en rafales. Pour l'essentiel, quelques tirades extraites des rares interviews donn&#233;s &#224; la t&#233;l&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Est-ce lui qui a eu l'id&#233;e de vendre sa prestation ? Ou un organisateur de salon qui le lui a propos&#233; ? Personne ne sait plus d&#233;sormais. C'&#233;tait il y a longtemps. Et puis &#224;&#167;a changerait quoi ? Le pli est pris maintenant, de l'inviter, lui et ses coll&#232;gues. Pas moins de trois agences r&#233;pertori&#233;es sur le web pour vous fournir des sosies d'&#233;crivains. Du tout r&#233;cent aux plus anciens, il y en a pour tous les go&#224; &#187;ts. Et pour toutes les bourses : un Nobel r&#233;cent se monnaie cher, d'autant plus cher que le public l'oublie tr&#232;s vite. Des carri&#232;res courtes, ces sosies-l&#224; . Certains ont bien tent&#233; de se placer aupr&#232;s des universit&#233;s, lors de colloques, mais il semble y avoir r&#233;sistance. Des artistes complets, pourtant : capable aussi bien d'imiter gestuelles et intonations que les paraphes pour d&#233;dicaces. Et quoi de choquant l&#224; -dedans ? La prestation &#233;tait claire : toujours sous le nom de l'&#233;crivain figurait la mention &lt;i&gt;sosie v&#233;ritable&lt;/i&gt;. Ce qui, il faut bien l'avouer, &#233;tait tout de m&#224;&#170;me plus franc que l'emploi d'un n&#232;gre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un point d&#233;licat : difficile de se positionner quant &#224; l'emploi d'un sosie pour accompagner le plan marketing lors de la publication d'un ouvrage posthume. On a vu des ayant droit s'indigner et menacer de proc&#232;s &#8212; protestations qui sont demeur&#233;es &#224; l'&#233;tat de gesticulations.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quant &#224; la mort myst&#233;rieuse de l'un de ces sosies, qu'on a retrouv&#233; affreusement mutil&#233;, le visage ravag&#233; par l'acide, il semblerait que &lt;i&gt;l'&#233;crivain r&#233;f&#233;rent&lt;/i&gt; &#8212; c'est ainsi qu'on pris coutume de les nommer, ou &lt;i&gt;&#233;crivain premier&lt;/i&gt; comme pr&#233;f&#232;rent certains &#8212; ait &#233;t&#233; mis hors de cause.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&#034;font-size: 12pt; font-family: &#034;Times New Roman&#034;,&#034;serif&#034;; mso-bidi-font-weight: bold&#034;&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_472 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.xn--chatperch-p1a2i.net/IMG/png/sosies.png?1512561286' width='500' height='450' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>sur la place de Marennes | pistes #3</title>
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		<dc:date>2014-03-19T15:51:59Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>M.B.</dc:creator>


		<dc:subject>fiction</dc:subject>
		<dc:subject>&#233;crire en ligne</dc:subject>
		<dc:subject>ville</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Elle lisait les faits divers dans le journal Sud Ouest. C'&#233;tait rare qu'on en parle &#224; la t&#233;l&#233; ou &#224; la radio de ce qui se passait ici. De l&#224; &#224; croire qu'il ne s'y passait rien. La vie allait, comme ailleurs. Elle avait l'habitude de croire que la vie allait moins vite dans cette partie du pays qu'elle habitait. Ici on vivait en retrait, &#224; l'&#233;cart. Un ostr&#233;iculteur &#233;tait parfois port&#233; disparu &#8212; et l'image d'une barge vide &#224; la d&#233;rive. Parfois, on d&#233;couvrait un corps mort dans un bois &#8212; on donnait des d&#233;tails (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?mot14" rel="tag"&gt;fiction&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?mot23" rel="tag"&gt;&#233;crire en ligne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?mot53" rel="tag"&gt;ville&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&#034;MsoNormal&#034; style=&#034;text-justify: inter-ideograph; margin: 0cm 0cm 0pt; line-height: normal; text-align: justify; mso-pagination: none; mso-layout-grid-align: none&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-size: medium&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-family: Arial&#034;&gt;&lt;span style=&#034;mso-bidi-font-weight: bold&#034;&gt;Elle lisait les faits divers dans le journal Sud Ouest. C'&#233;tait rare qu'on en parle &#224; la t&#233;l&#233; ou &#224; la radio de ce qui se passait ici. De l&#224; &#224; croire qu'il ne s'y passait rien. La vie allait, comme ailleurs. Elle avait l'habitude de croire que la vie allait moins vite dans cette partie du pays qu'elle habitait. Ici on vivait en retrait, &#224; l'&#233;cart.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un ostr&#233;iculteur &#233;tait parfois port&#233; disparu &#8212; et l'image d'une barge vide &#224; la d&#233;rive. Parfois, on d&#233;couvrait un corps mort dans un bois &#8212; on donnait des d&#233;tails sordides, &#233;tat de d&#233;composition avanc&#233;e, bo&#238;te cr&#224;&#162;nienne d&#233;fonc&#233;e, mais les mots ne parvenaient &#224; former d'images tr&#232;s pr&#233;cises. Un malaise passager, rien de plus. Parfois les gendarmes d&#233;couvraient un couple en train de compter des billets de banque &#224; l'arri&#232;re d'une voiture, en pleine nuit &#8212; dans le coffre, du mat&#233;riel de p&#224;&#170;che, des v&#224;&#170;tements et des bijoux. C'est plus facile d'imaginer ce genre de bric &#224; brac &#8212; comme un vide-greniers dans la nuit, et des objets qui ont encore de la valeur.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&#034;font-size: 12pt; font-family: &#034;Times New Roman&#034;,&#034;serif&#034;; mso-bidi-font-weight: bold&#034;&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;sur la place de Marennes | #&lt;a href='https://www.xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?article624' class='spip_in'&gt;pistes 1&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
sur la place de Marennes | #&lt;a href='https://www.xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?article625' class='spip_in'&gt;pistes 2&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://tianplus.blogs.nouvelobs.com/tag/marennes" class="spip_out"&gt;Marennes | faits divers&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>sur la place de Marennes | pistes #2</title>
		<link>https://www.xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?article625</link>
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		<dc:date>2014-02-08T07:44:29Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>M.B.</dc:creator>


		<dc:subject>fiction</dc:subject>
		<dc:subject>&#233;crire en ligne</dc:subject>
		<dc:subject>ville</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La ville &#233;tait un roman. Mais elle ne l'avait pas lu. Elle en connaissait des extraits, comme la pr&#233;sence de l'oc&#233;an &#224; une vingtaine de kilom&#232;tres, les guerres de religion et les deux marais &#224; proximit&#233;, la f&#224;&#170;te foraine en septembre et l'usine de moteurs, la radio locale H&#233;l&#232;ne FM &#8212; mais sans avoir jamais lu Ronsard, parce qu'elle s'&#233;tait arr&#224;&#170;t&#233;e apr&#232;s la cinqui&#232;me, le temps d'un apprentissage qui n'avait d&#233;bouch&#233; sur rien, il faudra le raconter, mais plus tard &#8212;, elle avait entendu parler du phylloxera et de (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?mot53" rel="tag"&gt;ville&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&#034;MsoNormal&#034; style=&#034;text-justify: inter-ideograph; margin: 0cm 0cm 0pt; line-height: normal; text-align: justify; mso-pagination: none; mso-layout-grid-align: none&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-size: medium&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-family: Arial&#034;&gt;&lt;span style=&#034;mso-bidi-font-weight: bold&#034;&gt;&lt;a href=&#034;http://fr.wikipedia.org/wiki/Surg%C3%A8res&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;La ville &#233;tait un roman&lt;/a&gt;. Mais elle ne l'avait pas lu. Elle en connaissait des extraits, comme la pr&#233;sence de l'oc&#233;an &#224; une vingtaine de kilom&#232;tres, les guerres de religion et les deux marais &#224; proximit&#233;, la f&#224;&#170;te foraine en septembre et l'usine de moteurs, la radio locale H&#233;l&#232;ne FM &#8212; mais sans avoir jamais lu Ronsard, parce qu'elle s'&#233;tait arr&#224;&#170;t&#233;e apr&#232;s la cinqui&#232;me, le temps d'un apprentissage qui n'avait d&#233;bouch&#233; sur rien, il faudra le raconter, mais plus tard &#8212;, elle avait entendu parler du phylloxera et de la R&#233;volution &#8212; c'est qu'elle disait les rares fois o&#249; on lui adressait la parole et qu'elle se trouvait d&#233;sar&#224;&#167;onn&#233;e &#8212; &#224;&#167;a, c'&#233;tait plut&#224;&#180;t souvent &#8212; elle disait : &lt;i&gt;j'en ai entendu parler&lt;/i&gt; &#8212;, le petit Beyrouth des friches autour de la gare, les laiteries et la ligne de bus &#034;Les Mouettes&#034;, avec sur la carrosserie bleue la silhouette de trois oiseaux blancs qui volent, comme on avait appris &#224; le faire &#224; l'&#233;cole, deux coups de crayon, aucun d&#233;tail, leurs ailes immobiles dont elle se demandait ce qui se passerait si elles les bougeaient, si proches les unes des autres &#8212; c'est dans un de ces bus qu'elle est mont&#233;e pour se rendre &lt;a href='https://www.xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?article543' class='spip_in'&gt;&#224; Marennes&lt;/a&gt;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Elle ne savait rien des ing&#233;nieurs venus de Flandres, de leur am&#233;nagement des marais, de la route qu'ils avaient construite, ni trop comment la ville avait grandi &#8212; elle ne s'y perdait pas, mais effectuant toujours les m&#224;&#170;mes trajets, elle aurait &#233;t&#233; incapable d'en reconstituer mentalement ou sur un papier l'organisation. C'&#233;tait la ville, une entit&#233; plut&#224;&#180;t qu'un espace. Elle allait de lieu en lieu, et c'&#233;tait tout. Elle ignorait aussi comment Rochefort avait model&#233; la ville &#224; distance, rendant n&#233;cessaire une route reliant la place forte &#224; Paris. Tout comme elle ne se doutait gu&#232;re des d&#233;bats quant &#224; l'&#233;tymologie du nom de la ville &#8212; un nom, c'&#233;tait un nom, chaque ville avait le sien, comme chaque homme et chaque femme, et personne ne se demandait qui l'avait donn&#233;. Le nom disait o&#249;, disait qui, et que les choses &#233;taient ainsi, closes sur elles-m&#224;&#170;mes et sans origine qui puisse se concevoir &#8212; tout au plus avaient-elles travers&#233; le temps, l&#233;g&#232;rement impr&#233;gn&#233;es dont on ne savait quoi.&lt;br class='autobr' /&gt;
Elle habitait une de ces cit&#233;s jardins qu'on trouve habituellement &#224; la p&#233;riph&#233;rie des villes, mais qui, &#224; Surg&#232;res, jouxtaient presque le centre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Elle pr&#233;f&#233;rait faire ses courses &#224; l'U Express plut&#224;&#180;t qu'au supermarch&#233; de la zone Jean-Baptiste Rameau : c'&#233;tait trop grand, elle et sa m&#232;re ne s'y &#233;taient jamais faites.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&#034;font-size: 12pt; font-family: &#034;Times New Roman&#034;,&#034;serif&#034;; mso-bidi-font-weight: bold&#034;&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>sur la place de Marennes | pistes #1</title>
		<link>https://www.xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?article624</link>
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		<dc:date>2014-02-06T16:39:21Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>M.B.</dc:creator>


		<dc:subject>fiction</dc:subject>
		<dc:subject>&#233;crire en ligne</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Reconstituer l'itin&#233;raire de cette femme crois&#233;e l'&#233;t&#233; dernier sur la place de Marennes, et de l&#224; peut-&#224;&#170;tre faire &#233;merger une fiction possible. Si on prend en compte son air perdu de qui ne sort que rarement de chez elle, se trouve perdue dans l'espace public, et le fait, d'une part, qu'elle trimbalait avec elle un sac plastique d'un magasin de Niort, d'autre part, qu'aucun train ne dessert la ville, mais seulement des bus, sachant enfin que les seuls bus en ligne directe proviennent de Surg&#232;res, La (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?mot14" rel="tag"&gt;fiction&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?mot23" rel="tag"&gt;&#233;crire en ligne&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&#034;MsoNormal&#034; style=&#034;text-justify: inter-ideograph; margin: 0cm 0cm 0pt; line-height: normal; text-align: justify; mso-pagination: none; mso-layout-grid-align: none&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-size: medium&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-family: Arial&#034;&gt;&lt;span style=&#034;mso-bidi-font-weight: bold&#034;&gt;Reconstituer l'itin&#233;raire de cette femme crois&#233;e l'&#233;t&#233; dernier &lt;a href='https://www.xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?article543' class='spip_in'&gt;sur la place de Marennes&lt;/a&gt;, et de l&#224; peut-&#224;&#170;tre faire &#233;merger une fiction possible. Si on prend en compte son air perdu de qui ne sort que rarement de chez elle, se trouve perdue dans l'espace public, et le fait, d'une part, qu'elle trimbalait avec elle un sac plastique d'un magasin de Niort, d'autre part, qu'aucun train ne dessert la ville, mais seulement des bus, sachant enfin que &lt;a href=&#034;http://www.tourisme-marennes.fr/infos-pratiques/venir-a-marennes/&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;les seuls bus en ligne directe proviennent de Surg&#232;res, La Rochelle, ou Saintes&lt;/a&gt;, l'imaginer habiter &#224; mi distance de Niort et de Marennes. Imaginer dans ce sac plastique des paperasses remises par un notaire : c'est la mort qui a fait se d&#233;placer cette femme. Seule la mort pouvait l'emmener si loin de chez elle, loin de ses quatre murs, dans cet espace ouvert o&#249; tout est &#224; craindre. &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://fr.wikipedia.org/wiki/Georges_Simenon#Simenon_et_la_r.C3.A9gion_de_La_Rochelle&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Territoire exploit&#233; par Simenon&lt;/a&gt; : dresser la liste des romans prenant le coin comme d&#233;cor, et quelles intrigues. D'apr&#232;s Wikip&#233;dia, 34 romans et nouvelles, dont : &lt;i&gt;Le testament Donnadieu&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Le voyageur de la Toussaint&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Les Fant&#224;&#180;mes du chapelier&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Le Haut Mal&lt;/i&gt;.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&#034;font-size: 12pt; font-family: &#034;Times New Roman&#034;,&#034;serif&#034;; mso-bidi-font-weight: bold&#034;&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;iframe width=&#034;425&#034; height=&#034;350&#034; frameborder=&#034;0&#034; scrolling=&#034;no&#034; marginheight=&#034;0&#034; marginwidth=&#034;0&#034; src=&#034;https://maps.google.fr/maps?f=d&amp;source=s_d&amp;saddr=Marennes&amp;daddr=Niort&amp;hl=fr&amp;geocode=FQg3uwIdgifv_ymRikyX32UBSDFAm-5gktMFBA%3BFQTYwgIdd-j4_yn1htYRMjAHSDHAKuhgktMFBA&amp;aq=0&amp;oq=nior&amp;sll=47.921637,1.969487&amp;sspn=0.102269,0.264187&amp;mra=ls&amp;ie=UTF8&amp;t=m&amp;z=10&amp;output=embed&#034;&gt;&lt;/iframe&gt;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;small&gt;&lt;a href=&#034;https://maps.google.fr/maps?f=d&amp;source=embed&amp;saddr=Marennes&amp;daddr=Niort&amp;hl=fr&amp;geocode=FQg3uwIdgifv_ymRikyX32UBSDFAm-5gktMFBA%3BFQTYwgIdd-j4_yn1htYRMjAHSDHAKuhgktMFBA&amp;aq=0&amp;oq=nior&amp;sll=47.921637,1.969487&amp;sspn=0.102269,0.264187&amp;mra=ls&amp;ie=UTF8&amp;t=m&amp;z=10&#034; style=&#034;color:#0000FF;text-align:left&#034;&gt;Agrandir le plan&lt;/a&gt;&lt;/small&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="spip.php?article543" class="spip_out"&gt;sur la place de Marennes&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>la jeune fille du parc</title>
		<link>https://www.xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?article561</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?article561</guid>
		<dc:date>2013-09-16T09:19:28Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>M.B.</dc:creator>


		<dc:subject>bref</dc:subject>
		<dc:subject>&#233;crire en ligne</dc:subject>
		<dc:subject>fantastique</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;J&#1370;en aurai mis du temps &#224; comprendre. Comment j&#1370;aurais pu me douter la premi&#232;re fois ? La fa&#224;&#167;on dont elle &#233;tait apparue, toute droite sur son v&#233;lo. Traversant l&#1370;all&#233;e centrale du parc, toute souple sur les p&#233;dales. Belle dans sa robe blanche. Toute souple et belle. Seules r&#233;flexions que je m&#1370;&#233;tais faites alors. Jeune beaut&#233; matinale, toute vive et preste dans la lumi&#232;re de dix heures. Rien de plus. Attirance l&#233;g&#232;re. Passante aussit&#224;&#180;t qu&#1370;aper&#224;&#167;ue n&#1370;en parlons plus !&#8230; Pas plus que regards crois&#233;s, &#224; peine (...)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&#034;MsoNormal&#034; style=&#034;text-justify: inter-ideograph; margin: 0cm 0cm 0pt; line-height: normal; text-align: justify; mso-pagination: none; mso-layout-grid-align: none&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-size: medium&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-family: Arial&#034;&gt;&lt;span style=&#034;mso-bidi-font-weight: bold&#034;&gt;J&#1370;en aurai mis du temps &#224; comprendre. Comment j&#1370;aurais pu me douter la premi&#232;re fois ? La fa&#224;&#167;on dont elle &#233;tait apparue, toute droite sur son v&#233;lo. Traversant l&#1370;all&#233;e centrale du parc, toute souple sur les p&#233;dales. Belle dans sa robe blanche. Toute souple et belle. Seules r&#233;flexions que je m&#1370;&#233;tais faites alors. Jeune beaut&#233; matinale, toute vive et preste dans la lumi&#232;re de dix heures. Rien de plus. Attirance l&#233;g&#232;re. Passante aussit&#224;&#180;t qu&#1370;aper&#224;&#167;ue n&#1370;en parlons plus !&#8230; Pas plus que regards crois&#233;s, &#224; peine l&#1370;esquisse d&#1370;un sourire. Je l&#1370;ai revue souvent depuis. De plus en plus souvent. Elle est vite devenue un &#233;l&#233;ment du d&#233;cor, a rapidement trouv&#233; sa place dans un pan de l&#1370;habitude. Et par l&#224; m&#224;&#170;me d&#1370;autant plus rassurante. Inutile de r&#233;p&#233;ter le propos de la Recherche, s&#1370;y r&#233;f&#233;rer suffit. Jeune fille des promenades du matin quand besoin d&#1370;une pause entre deux chapitres.&lt;br class='autobr' /&gt;
N&#1370;en reviens pas qu&#1370;il m&#1370;ait fallu pr&#232;s de vingt ans pour comprendre&#8230; Comprendre, mais sans encore oser formuler. Comme si &#224; dire augmentait le risque...&lt;br class='autobr' /&gt;
Parade d&#233;risoire, je ne vais plus au parc d&#233;sormais. Et m&#224;&#170;me sors &#224; peine de chez moi. En tout cas jamais avant midi. Je pr&#233;f&#232;re l&#1370;attendre ici, certain qu&#1370;elle viendra, avec ou sans v&#233;lo. Mais identique &#224; elle-m&#224;&#170;me. Je peux imaginer sa silhouette montant l&#1370;escalier. Preste et souple. Certain qu&#1370;elle viendra se pr&#233;senter &#224; la porte, qu&#1370;elle viendra en temps et en heure. J&#1370;imagine son visage quand j&#1370;ouvrirai la porte. Son regard. Sa robe blanche. Identique et silencieuse. &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&#034;font-size: 12pt; font-family: &#034;Times New Roman&#034;,&#034;serif&#034;; mso-bidi-font-weight: bold&#034;&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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