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traversée Balzac

La Grenadière

Où on se retrouve à Tours, coin de paradis : La Grenadière est une petite habitation située sur la rive droite de la Loire, en aval et à un mille environ du pont de Tours. En cet endroit, la rivière, large comme un lac, est parsemée d’îles vertes et bordées par une roche sur laquelle sont assises plusieurs maisons de campagne, toutes bà¢ties en pierre blanche, entourées de clos de vigne et de jardins où les plus beaux fruits du monde mà »rissent à l’exposition du midi. (...) Dans un des moins profondes anfractuosités qui découpent cette colline s’élève la flèche aigà¼e de Saint-Cyr, petit village duquel dépend toutes ces maisons éparses.

Où le mot levée apparaît spécifique aux bords de Loire : Une cassure du roc a favorisé la construction d’une rampe qui arrive en pente douce sue la levée, nom donné dans le pays à la digue établie pour maintenir la Loire dans son lit, et sur laquelle passe la grande route de Paris à Nantes.

Où Balzac tient de l’agent immobilier (mais avec un goà »t certain pour l’antique) : En entrant, vous trouverez un petit palier où commence un escalier tortueux, dont le système change à chaque tournant ; il est en bois presque pourri ; sa rampe creusée en forme de vis a été brunie par un long usage. à€ droite est une vaste salle à manger boisée à l ?antique, dallée en carreau blanc fabriqué à Chà¢teau-Regnault ; puis, à gauche, un salon de pareille dimension, sans boiseries, mais tendu d’un papier aurore à bordure verte.

Que vaut donc la Grenadière avec sa rampe, son chemin creux, sa triple terrasse, ses deux arpents de vigne, ses balustrades de rosiers fleuris, son vieux perron, sa pompe, ses clématites échevelées et ses arbres cosmopolites ? N’offrez pas de prix ! La Grenadière be sera jamais à vendre.

Où les Anglais apparaissent déjà friands du val de Loire : Mais les Anglais sont tombés comme un nuage de sauterelles sur la Touraine et il a bien, fallu compléter la Grenadière pour la leur louer.

Où il est toujours aussi difficile de savoir ce qui se cache derrière un nom et un logement : Il fut donc assez difficile de savoir si madame Willemsens (nom que prit l’étrangère) appartenait à la riche bourgeoisie, à la haute noblesse ou à certaines classes équivoques de l’espèce féminine. personne ne put obtenir de renseignements certains sur le rang que l’inconnue occupait ans le monde, ni sur sa fortune, ni màªme sur son état véritable. Seulement le propriétaire de la Grenadière apprit à quelques-uns de ses amis le nom, sans doute vrai, sous lequel l’inconnue avait contracté son bail. elle s’appelait Augusta Willemsens, comtesse de Brandon. Ce nom devait àªtre celui de son mari.

Mon fils chéri, c’est vos deux actes de naissance ; ils vous seront nécessaires.

Quand je serai morte, mon fils, tu remettras encore ce papier à Annette, et tu lui diras de le donner à la mairie de Saint-Cyr, où il doit servir à faire dresser exactement mon acte de décès.

Où les lettres brà »lent : Madame Willemsens jetait au feu toutes celles qu’elle recevait, comme si elle eà »t voulu passer sans le plus léger souci le temps de son séjour en Touraine. (avant d’en écrire une dernière quand vient la mort)

Où Balzac poursuit ses réflexions sur l’éducation : peut-àªtre n’y a-t-il pas de mauvais enfants sans mauvaises mères ; car l’affection qu’ils ressentent est toujours en raison de celle qu’ils ont éprouvée, des premiers soins qu’ils ont entendus, des premiers regards où ils ont cherché l’amour et la vie. Tout devient alors attrait ou tout est répulsion. (où il conviendrait aujourd’hui de remplacer mauvais par blessé(e)s)

Elle dirigeait admirablement bien leurs jeunes à¢mes, ne laissant entrer dans leur entendement aucune idée fausse, dans le cœur aucun principe mauvais. Elle les gouvernait par la douceur, ne leur cachant rien, leur expliquant tout. Lorsque Louise désirait lire, elle avait soin de lui donner des livres intéressants, mais exacts.

Où une vie tient dans une image : Dans les premiers jours de novembre, elle toucha du piano pour la dernière fois. Il y avait un paysage de Suisse au-dessus du piano. Du cà´té de la fenàªtre, ses deux enfants, groupés l’un sur l’autre, lui montrèrent leurs tàªtes confondues. Ses regards allèrent alors constamment de ses enfants au paysage et du paysage à ses enfants. son visage se colora, ses doigts coururent avec passion sur les touches d’ivoire. Ce fuit sa dernière fàªte, fàªte inconnue, célébrée dans les profondeurs de son à¢me par le génie des souvenirs.

Ou une adresse : Cachette la lettre, et écris l’adresse suivante : à€ lord Barndon. Brandon-Square, Hyde-Park. Londres. Angleterre.

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