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au fil des jours

sous les pavés de la place

Du choix des mots. Entendre et lire place Maïdan, autrement dit place de la place, et rarement place de l’indépendance — c’est du sens qu’on gomme, qu’on atténue, c’est diluer par approximations lexicales. Pourtant, à lire les noms successifs de la place, on comprend que les noms portent autant qu’ils sont portés : 1876, place du Parlement 1919, place soviétique 1935, place Kalinine (premier président du Soviet suprême) 1977, place de la Révolution d’Octobre (pour cause d’anniversaire) 1991, place de l’indépendance (avait aussi été proposé place de la liberté...), sous l’influence des prétendues révolutions orange Quant aux statues qui ont orné la place et signifié l’air du temps, l’imaginaire qui légitime ou donne force à l’ordre en place : 1913, un monument à Piotr Stolypine (premier ministre de Nicolas II) ; exit en 1917 1977, monument commémorant la Révolution d’Octobre et fontaines (exit ; date ?] 2001, nouveau chantier alors que la place est devenue le lieu privilégié de la contestation du pouvoir en place, avec monument (la grande colonne au centre) aux fondateurs légendaires de Kiev, à un cosaque héros folklorique, à l’archange Michel, et à la déesse Berehynia, personnage de la mythologie slave, récemment promue déesse, sorte de Terre mère protectrice du foyer et de la patrie — ou comment on passe de la main-mise russe à de la bondieuserie et référence à un nationalisme néo-païen.

Voir en ligne : chez Dominique Hasselmann, il est aussi question de la place

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